Fièvre aphteuse: Bruxelles critique les mesures suisses
La Commission européenne ne voit pas d'un bon oeil l'interdiction décrétée par la Suisse d'importer du bétail en provenance de l'Union. Elle reproche à Berne, comme à d'autres pays tiers, de frapper les Quinze sans distinction.
La Commission, souvent critiquée pour son attitude passée face à la crise de la vache folle, se veut à la pointe de la lutte contre la fièvre aphteuse. Elle a imposé des mesures sévères contre la Grande-Bretagne dès le lendemain de l’apparition des premiers cas le 20 février dernier.
Mardi, le Comité vétérinaire a approuvé sa proposition d’interdire également l’importation de viande de boeuf en provenance d’Argentine. Mais selon Bruxelles, certaines mesures vont trop loin.
Dans un communiqué, la Commission observe que certains Etats tiers ont inclus dans leurs mesures l’ensemble de l’Union européenne. Une généralisation jugée «certainement excessive». La Suisse, entre autres, est visée, elle qui a décidé mardi après-midi d’interdire l’importation de bétail en provenance de l’Union. Pour Bruxelles, une mesure aussi générale «n’est justifiée par aucun argument technique acceptable».
Selon Beate Gminder, porte-parole de la Commission pour la santé, l’Union a «pris toutes les mesures appropriées». Outre les interdictions frappant spécifiquement le Royaume-Uni et deux départements français, il y a les restrictions de mouvement des animaux sensibles dans toute l’Union européenne. Les bovins, porcs, moutons et chèvres ne peuvent plus accéder à des marchés d’animaux ou à des points de rassemblement.
A l’Office vétérinaire fédéral, on explique que «l’Union européenne est un marché unique», ce qui justifie une mesure générale. En outre, la Suisse limite l’interdiction au bétail vivant, qui est de facto déjà pratiquement immobilisé dans l’Union. D’ailleurs la Commission est encore plus contrariée par des pays qui, comme la Hongrie et le Maroc, vont jusqu’à interdire l’importation de céréales européennes.
Thierry Zweifel, Bruxelles
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