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Fièvre aphteuse: la Suisse se barricade

La Suisse entend bien se prémunir contre la maladie qui décime le cheptel britannique. Keystone Archive

La situation se dégrade sur le front de la fièvre aphteuse. Pour tenter d'éviter l'épizootie, l'Office vétérinaire fédéral a décidé de renforcer sa campagne d'information auprès des milieux concernés. Et ordonné le verrouillage des frontières avec l'Union européenne.

En dépit de la mobilisation générale, la fièvre aphteuse se répand comme une traînée de poudre. Les foyers infectieux ne sont plus limités à la Grande-Bretagne. On en trouve désormais également en Irlande, en France et aux Pays-Bas. Raison pour laquelle la Suisse a décidé de renforcer son filet de sécurité.

Dorénavant, l’importation de viande en provenance des pays directement touchés par l’épizootie est interdite. Les aliments à base de produits carnés fabriqués en Grande-Bretagne sont déclarés impropres à l’importation. Les denrées alimentaires carnées produites par l’industrie alimentaire française, irlandaise ou néerlandaise sont, quant à elles, soumises à des contrôles et à des autorisations spécifiques.

Certaines mesures ordonnées par l’Office vétérinaire fédéral concernent toute l’Europe des Quinze. La Suisse a décidé de contrôler étroitement les produits lactés des pays de l’Union. Et d’interdire l’importation de la viande d’agneau et de chèvre en provenance de ces mêmes pays.

Mais l’Office vétérinaire fédéral ne s’est pas contenté de limiter le trafic des marchandises. Pour la première fois, depuis le développement de l’épizootie, il a en effet édicté des normes strictes à l’intention des particuliers. Ainsi, les voyageurs en provenance de Grande-Bretagne n’ont pas le droit d’entrer en Suisse avec des aliments à base de viande.

Enfin, pour pouvoir pénétrer sur sol helvétique, les chauffeurs qui transportent des animaux devront pouvoir fournir un certificat vétérinaire attestant de la désinfection de leur véhicule.

Jusqu’ici, la Suisse s’était borné à interdire l’importation ou le transit de bétail vivant en provenance des pays de l’Union. Une mesure qui avait suscité la colère des quinze.

Malgré ce verrouillage, les risques de contamination du cheptel helvétique ne sont pas écartés. Raison pour laquelle les autorités vétérinaires fédérales ont décidé d’intensifier leur campagne d’information. Notamment en diffusant largement un document vidéo sur la fièvre aphteuse.

La campagne de sensibilisation est d’autant plus importante que la nouvelle génération de vétérinaires et d’éleveurs n’a jamais été confrontée à une telle épizootie.

«La dernière épidémie date de 1965, rappelle Philippe Konrad, vétérinaire officiel pour le district de Moutier, dans le Jura bernois. Jusqu’en 1990, les jeunes vétérinaires pouvaient bénéficier d’un contact direct avec la maladie, en observant des animaux malades conservés dans des centres chargés de tester les vaccins. Mais, depuis, ils doivent se contenter d’une connaissance livresque.»

Pour combler cette lacune, l’Office vétérinaire fédéral a donc fait réaliser un document vidéo qui raconte – en 25 minutes d’images crues et hyperréalistes – l’évolution de la maladie. «Ce film a l’avantage de détailler les symptômes spécifiques qui touchent les diverses espèces, explique Philippe Konrad. Et c’est très important. Car, chez les moutons, par exemple, la maladie est particulièrement difficile à détecter.»

Et le spécialiste d’ajouter: «c’est l’une des raisons pour lesquelles l’épizootie s’est répandue aussi rapidement. Faute d’avoir posé le bon diagnostic, on a probablement laissé circuler des bêtes malades.»

C’est précisément contre ce risque que la Suisse entend bien se prémunir.


Vanda Janka

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