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Genève contre le retour des poids lourds au Mont-Blanc

Le maire de Genève Alain Vaissade est fondamentalement opposé au retour des camions dans le tunnel du Mt Blanc. Keystone

La ville de Genève s'oppose à la reprise du transport international de fret à travers le tunnel du Mont-Blanc. Fermé depuis mars 1999 suite à un incendie qui a tué 39 personnes, le tunnel doit reprendre ses activités en septembre.

Pour le maire de Genève, l’écologiste Alain Vaissade, les aménagements effectués après la catastrophe causée par un camion en flammes sont insuffisants pour éviter qu’elle ne se reproduise.

Lyrique, Alain Vaissade n’a pas hésité lundi à comparer les menaces que font peser les poids lourds sur le site du Mont-Blanc aux destructions opérées par les Talibans à l’encontre des bouddhas géants de Bamiyan.

Les gouvernements français et italiens ont en effet annoncé fin janvier la réouverture probable du tunnel en septembre prochain, pour les voitures comme pour les poids lourds.

La ville de Genève a donc décidé d’adhérer à l’Association pour le respect de site de Mont-Blanc (ARSMB). Une association créée en 1991 et qui a récolté 150.000 signatures contre le retour des camions de marchandises dans le tunnel du Mont-Blanc.

Cette pétition doit être remise à la fin du mois au Premier ministre français Lionel Jospin. Elle fait partie d’une série d’actions prévues par l’ARSMB pour limiter le passage du tunnel aux seuls véhicules de tourisme et développer le principe du ferroutage.

Reste qu’à moyen terme, la France et l’Italie ont bel et bien prévu de privilégier le rail pour le transport de fret entre leur deux pays. Un projet de liaison ferroviaire entre Lyon et Turin prévoit en effet la construction d’ici 2015 d’un nouveau tunnel.

D’ici là, les deux gouvernements estiment qu’il est vital de rouvrir le tunnel du Mont-Blanc aux camions. Les autorités italiennes estiment en effet que sa fermeture représente un manque à gagner de 500 millions d’euros par an pour l’économie de la péninsule.

Mais les opposant de l’ARSMB refusent cette logique. «Cela fait près de deux ans que l’accident s’est produit et les autorités n’ont rien proposé d’autre que ce projet nébuleux dont on nous parle depuis 15 ans», assure Georges Unia, président de l’ARSMB qui se félicite de compter Genève dans ses rangs.

L’adhésion de Genève est en effet d’autant plus précieuse que la ville est également actionnaire de la Société des autoroutes et tunnel du Mont-Blanc à hauteur de 5%.

Frédéric Burnand

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