L’avenir de la Banque Cantonale Vaudoise dans les urnes
Le gouvernement vaudois propose de diminuer sa part dans le capital de la Banque Cantonale Vaudoise. Si le peuple accepte dimanche cette nouvelle formule, il fera oeuvre de pionnier. Car ailleurs en Suisse, cette option rendue possible par la récente loi fédérale sur les banques n'est pas à l'ordre du jour.
La nouvelle loi sur laquelle le peuple vaudois doit se prononcer autoriserait le gouvernement cantonal à réduire sa part dans le capital de l’établissement à hauteur de 33,3%, alors qu’elle est de 50,1% actuellement. Le canton conserverait ainsi une minorité de blocage, comme l’impose la législation fédérale.
Pour les partisans de cette réforme, la Banque Cantonale Vaudoise (BCV) aurait ainsi les moyens de construire de nouvelles alliances et de poursuivre son développement, tout en restant au service de l’économie régionale, l’Etat ayant toujours les moyens de peser sur les choix stratégiques.
Le spectre de la privatisation
Le gouvernement cantonal ajoute que les ventes de ses actions (qui pourrait rapporter quelques 300 millions de francs) permettraient de poursuivre le projet d’extension du métro lausannois. Un argument qualifié de malheureux par plus d’un observateur.
Les opposants, eux, brandissent le spectre de la privatisation et crient au bradage de la BCV. Ils craignent en particulier qu’un opérateur privé puisse ainsi entrer dans le capital de la banque et la détourner des PME locales.
En d’autres termes, la campagne autour de cette réforme a suscité un affrontement gauche-droite des plus classique avec le rôle économique de l’Etat en son centre.
Les partis de droite étant majoritaires au niveau du canton, les partisans de la réforme se sont longtemps montrés confiants quant à l’issue du vote. Mais les signaux de plus en plus alarmants venus de l’économie mondiale ont diffusé une inquiétude qui a décuplé depuis les attentats du 11 septembre.
Même à droite et dans les milieux de l’économie, certains se demandent aujourd’hui s’il est vraiment opportun de changer une formule qui gagne. Car la BCV est à la fois saine et prospère.
La BCV est souvent citée en exemple
Son mode de gestion est d’ailleurs souvent cité en exemple dans le reste de la Suisse, comme le souligne François Schaller, rédacteur en chef de PME Magazine.
François Schaller remarque également que le rôle économique de l’Etat est devenu incertain. Si l’ultralibéralisme a perdu de sa superbe, les formules alternatives, elles, n’ont pas encore émergé.
Pour les banques cantonales, ailleurs en Suisse, il est donc devenu urgent d’attendre que le contexte économique se clarifie, avant de poursuivre un éventuel désengagement de l’Etat.
Frédéric Burnand
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