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La fièvre aphteuse bouscule les traditions valaisannes

La race d’Hérens compte 13 500 têtes environ, avec un potentiel de 6000 vaches combattantes. Keystone Archive

En Valais, tous les combats de reines du printemps sont annulés à cause de l'épidémie de fièvre aphteuse. Certes, l'épizootie ne touche pas la Suisse. Mais le syndicat d'élevage de la race d'Hérens a pris cette décision jeudi en invoquant le principe de précaution. Le canton se voit priver d'un événement majeur.

«C’est avant tout une décision sage qui outrepasse la décision vétérinaire», explique Jacques Pralong, président de la Fédération d’élevage de la race d’Hérens.

En effet, la race d’Hérens, cette vache unique au monde, représente un tout petit cheptel. Il compte 13 500 têtes environ, avec un potentiel de 6000 vaches combattantes. Or, avant la tradition et le folklore, la vache demeure l’outil de travail principal des producteurs et éleveurs.

«Nous ne pouvons pas prendre le risque d’anéantir une race unique au monde, lance Jacques Pralong. Et, surtout, nous ne voulons pas que des éleveurs soient ruinés par une épidémie».

Ce sont les éleveurs eux-mêmes qui ont fait pression sur la Fédération de la race d’Hérens. Et le vétérinaire cantonal s’en réjouit. D’autant qu’il n’avait pas la base légale pour prononcer une interdiction.

«Je trouve cette décision responsable», affirme Joseph Jaegger. Et d’ajouter: «elle prouve que les éleveurs sont très attachés à leur cheptel et ne veulent pas le perdre. Les propriétaires de vaches d’Hérens ne sont pas des peureux, mais des gens sages».

«Nous sommes bien conscients que cette décision bouscule les traditions valaisannes, explique le président de la Fédération, lui-même éleveur à Orsières en Valais. Mais, nous respectons la volonté des éleveurs, qui doivent eux aussi être très malheureux de se passer de ces manifestations, tant elles font partie de leur vie».

Les retombées économiques de cette annulation de la saison seront sans doute conséquentes. Jacques Pralong ne veut pas parler de catastrophe. Selon lui, le manque à gagner est difficile à calculer, mais il sera probablement de quelques centaines de milliers de francs.

«C’est surtout la vitrine du Valais qui en prend un coup, précise le secrétaire de la Fédération, puisque nous ne pouvons plus exposer nos produits et nos bêtes, ni organiser des spectacles». Avec pour conséquence une perte touristique importante.

Cette décision est irrévocable même si l’épizootie ne passe pas les frontières helvétiques. En effet, les éliminatoires des combats de reines doivent commencer le 25 mars, et la finale doit se dérouler au mois de mai. Par équité pour les éleveurs et par respect pour les sponsors, la Fédération a donc décidé d’abandonner définitivement la saison, plutôt que de l’organiser à moitié.

Jean-Louis Thomas

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