La Financière SBA (Suisse) dément tout lien avec le terrorisme
Depuis les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, plusieurs sociétés établies en Suisse sont mises en cause par des rapports rédigés par les services secrets américains et français. Filiale de la Société bancaire arabe (SBA) de Paris, la Financière SBA (Suisse) parle «d'accusations calomnieuses».
La Saudi Investment Company de Genève – dirigée par Yeslam Bin Ladin, le demi-frère d’Oussama – et la société Al Taqwa de Lugano – rebaptisée Nada Management -étaient déjà dans le collimateur des services secrets. Désormais, c’est au tour de la Financière SBA (Suisse) à Genève.
Cette société bancaire est soupçonnée d’avoir eu des liens avec le milliardaire Khalid Bin Mahfouz, un homme d’affaires proche d’Oussama Bin Laden et impliqué, aux débuts des années 90, dans le scandale de la banque pakistanaise BCCI.
Contactée mardi, la Financière SBA (Suisse), qui appartient au groupe SBA à Paris, dément «avec la plus grande vigueur entretenir ou avoir entretenu une relation d’affaires quelconque avec Oussama Bin Laden et avec Khalid Bin Mahfouz et/ou avec leur entourage direct ou indirect».
Jamais montrée du doigt
Créée en 1984 à Genève, la SBA Holding est devenue en 1990 la Banque SBA (Suisse), avant d’être appelée en 1993 la Financière SBA (Suisse), au capital de 16,45 millions de francs. Cette société, dont le but est la gestion de biens et de fortune en Suisse, appartient à 100 % à la Société bancaire arabe, implantée en France.
Cette structure plutôt discrète, installée dans la Cité de Calvin, n’a jamais été montrée du doigt. Pourtant, le rapport des services secrets américains et français, intitulé «Environnement économique d’Oussama Bin Laden», s’étonne que la SBA – dont Khalid Bin Mahfouz aurait été jusqu’en 2001 l’un des administrateurs – n’ait jamais «été vraiment inquiétée».
Le même rapport souligne que la Financière SBA de Genève a été formée par «le puissant cabinet d’avocats genevois spécialiste des montages off-shore Magnin Dunand & Associés». Longuement cité dans ce rapport, l’avocat Baudoin Dunand serait l’administrateur de Saudi Investment Company SICO, présidée depuis 1980 par Yeslam Bin Ladin.
«C’est absolument faux, le cabinet Magin Dunand n’a jamais participé à la création de notre société», proteste Mohamed Bourara, directeur de la Financière SBA (Suisse). Dans la lettre adressée à swissinfo, cette entreprise considère que les accusations portées contre elle sont une «atteinte inadmissible à son honneur, à celui de ses collaborateurs. ainsi qu’à la poursuite de son activité économique».
Ian Hamel
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