La libéralisation du marché de l’électricité n’effraie pas EOS
Pour affronter le marché libre, Energie Ouest Suisse (EOS) va procéder à une mue stratégique. La réorganisation sera aussi bien interne qu'externe. Par ailleurs, l'exercice 1999 - 2000 affiche des chiffres records, et la tendance se confirme pour 2001.
Présentés mardi à Lausanne, les chiffres de l’exercice sont éloquents. Les ventes d’électricité ont bondi de 14% pour s’établir à 9 milliards de kWh, avec un chiffre d’affaires de 800 millions environ.
Mais surtout, le résultat opérationnel a explosé de 73% à 200 millions de francs. «Nous récoltons le fruit de nos stratégies définies en 1999», explique Jean-Pierre Blondon, directeur général d’EOS. Elles consistaient à mieux rentabiliser les services. Mais aussi, à concentrer la politique d’investissement uniquement sur le bon fonctionnement des installations.
Ces bons exercices permettent d’envisager la libéralisation du marché de l’électricité avec sérénité. «Nous avons l’obligation de nous positionner en Europe pour être concurrentiel», ajoute le directeur.
La restructuration de l’organisation est le premier aspect de cette mue. Toutes les structures actuelles d’EOS – comme celles des actionnaires – seront changées en sociétés de métiers pour plus d’efficacité. Il y aura donc des pools de producteurs, de transporteurs et de vendeurs.
Le deuxième aspect de cette transformation est, lui, financier. «Nous devons absolument produire à quatre centimes le kiloWatt (kW) pour livrer dans le reste de l’Europe, sous peine de se retrouver hors du marché», explique Jean-Pierre Blondon.
La baisse du prix de vente du kW sera, sans doute, difficile. Car elle aura des conséquences directes sur les prix de production qui sont beaucoup trop élevés en Suisse.
A ce titre, un plan baptisé «Pi» redéfinit les liaisons d’EOS avec ses actionnaires-clients. But de ce dispositif: assainir la partie production du bilan de 900 millions de francs. Les actionnaires se sont engagés à acheter à la société des quantités déterminées d’énergie jusqu’en 2007, à un prix fixé qui est proche de celui attendu dans un marché libre.
Cette politique est le résultat de négociations ardues entre les sociétés d’EOS et les actionnaires. Elle devrait assurer au groupe un avenir moins incertain dans un marché libre ou seuls les grands auront une place.
Jean-Louis Thomas.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.