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Les frontaliers italiens continuent d’affluer au Tessin

Les frontaliers sont 5000 de plus depuis l'introduction des accords bilatéraux. Keystone

Les accords bilatéraux ont eu pour conséquence de revoir à la hausse le nombre des travailleurs frontaliers au Tessin. Résultat: presque 33.000 personnes franchissent chaque jour la frontière. Les entreprises de Varèse et Côme se plaignent d'une forte perte de main-d'oeuvre.

Les provinces limitrophes de Côme et Varèse, traditionnels réservoirs de frontaliers, sont les plus touchées par l’exode. Durant ces 12 derniers mois, les petites et moyennes entreprises (PME) de cette région ont perdu 10 à 20% de leur personnel.

«Il ne s’agit pas seulement de manœuvres mais aussi d’employés semi-qualifiés, qualifiés et hautement qualifiés», souligne Giovanni Locatelli, président de l’Association des artisans de Luino, en province de Varèse.

Une «montée» en masse

Depuis que la Suisse a accepté les accords bilatéraux, en fait uniquement refusés par le Tessin qui prévoyait l’affluence enregistrée ces derniers mois, le nombre des frontaliers a augmenté de 5000 unités environ.

Cette «montée» en masse vers la Suisse a un principal motif, le salaire. Selon Giovanni Locatelli, des employés qui gagnent l’équivalent de 2000 à 2500 francs suisses par mois en Italie, peuvent toucher le double au Tessin pour le même travail.

Or un salaire mensuel de 4500 francs par mois environ représente presque six millions de lires de l’autre côté de la frontière soit un revenu très élevé par rapport à la moyenne locale.

En attendant l’entrée en vigueur des accords bilatéraux, des contrôles rigoureux sont effectués pour éviter le risque de dumping salarial tant redouté par les Tessinois. D’autant que ces derniers sont les moins payés en Suisse.

Un autre exode préoccupe les provinces de Côme et Varèse: celui des entreprises qui s’installent au Tessin où la pression fiscale est beaucoup moins lourde.

Des avantages pécuniaires

Pour le secrétaire de la Chambre tessinoise de commerce, Luca Albertoni, il s’agit là d’une preuve que la Suisse italienne n’offre pas seulement des avantages pécuniaires mais aussi de bonnes infrastructures.

Les provinces touchées par le phénomène ont décidé de réagir. Pour pallier immédiatement le manque de main-d’œuvre, elles font appel aux travailleurs «extracomunitari», soit de pays non-membres de l’UE, qui ont obtenu un permis de séjour.

A long terme, elles veulent obtenir de Rome un même genre de décret que celui qui a revu à la baisse le prix de l’essence. Les PME viennent de soumettre un projet dans ce sens au ministre du Travail Roberto Maroni (Lega). Elles lui demandent des avantages fiscaux pour sauver l’économie des régions de frontière.

Gemma d’Urso, Lugano

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