Les mauvais choix de Kuoni plombent son bénéfice
Pour faire face à la concurrence des voyagistes européens, et notamment des géants allemands comme TUI, le Suisse Kuoni a beaucoup investi en Scandinavie. Apparemment à tort. Ses bénéfices se sont effondrés, passant de 29,9 millions à 2,9 millions de francs.
En mai dernier, alors que Kuoni était secoué par des combats de chef, les analystes financiers ne s’inquiétaient pas trop. Le numéro un suisse affichait une excellente santé. S’appuyant sur la notoriété de sa marque, sur sa concentration dans le moyen et haut de gamme, le voyagiste annonçait une croissance de 10,4% (contre 8,6% pour Hotelplan).
En situation de surcapacité
Aujourd’hui, Hotelplan offre de meilleurs résultats. Kuoni, qui devrait réaliser cette année un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de francs, en nette hausse par rapport à l’année dernière, doit essuyer de très lourdes pertes en Scandinavie.
Le rachat du voyagiste Appolo est un échec complet. Le groupe zurichois se retrouve tout simplement en surcapacité avec la petite compagnie de charters Novair.
Un Airbus A330 qui vole pratiquement à vide coûte des centaines de milliers de francs à chaque décollage. Résultat, Kuoni est pratiquement contraint de revendre ses filiales scandinaves, qui lui ont fait perdre 30 millions de francs en un semestre. Les bénéfices, qui atteignaient 29,9 millions de francs l’année dernière à la fin juin, dégringolent au dixième de cette valeur, soit 2,9 millions de francs.
Outre la Scandinavie, Kuoni annonce également de mauvais résultats en Italie et surtout en Grande-Bretagne, malgré l’acquisition en 1999 du tour-opérateur de luxe Jules Vernes.
En revanche, le marché suisse se porte bien, avec une hausse de 9,9% à 445 millions de francs (soit le dixième de son chiffre d’affaires), comme ceux de la France, de l’Espagne, des Etats-Unis et de l’Autriche.
Malgré tout, le groupe zurichois s’attend à un second semestre nettement meilleur que le premier. Et à des bénéfices honnêtes, c’est-à-dire à la moitié de ceux encaissés en 2000. A condition, bien entendu, que Kuoni parvienne à revendre ses filiales scandinaves.
Ian Hamel
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