Les pilotes de Sabena ne lâchent pas
Pour la quatrième journée consécutive, les pilotes de Sabena sont en grève. Ils dénoncent le plan de restructuration de leur entreprise. Les coûts de ces débrayages sont «énormes». Et les clients commencent à déserter la compagnie aérienne belge dont Swissair détient 49,5% du capital.
Depuis vendredi quelque 200 vols ont dû être annulés. Et les conséquences financières de ces actions sont «énormes», affirme le porte-parole de la compagnie, Wilfried Remans.
Les pilotes ont rencontré lundi le président du conseil d’administration de Sabena, Fred Chaffart. Aucun accord n’a été trouvé. Mais, selon la Belgian Cockpit Association (BeCA), «les portes restent ouvertes».
Pour mémoire, les pilotes estiment que le plan de restructuration de la direction mènera la compagnie à la faillite. Ils estiment aussi que les intérêts de Sabena sont lésés au profit de Swissair.
«Organiser la faillite ?»
Sabena doit réorienter des passagers et louer des avions. Les clients sont plongés dans une telle incertitude que beaucoup ne se présentent pas aux guichets et essaient de trouver de la place sur d’autres compagnies. «Nous avons demandé à l’association des pilotes (BeCA) si elle voulait organiser la faillite de Sabena, nous n’avons pas eu de réponse», a poursuivi le porte-parole.
Les pilotes affirment que le plan stratégique de la direction conduira Sabena à la ruine et disent vouloir présenter «des solutions dans les jours à venir». Ils ont distribué ce week-end des tracts et expliqué à l’aéroport de Bruxelles leurs motivations à de très nombreux passagers qui attendaient de savoir si leur vol serait supprimé ou non.
Référendum en cours
Ces grèves surviennent alors qu’une consultation du personnel, par référendum, est en cours jusqu’à mardi pour permettre à chacun de donner son avis sur le plan d’assainissement. La direction conteste toutes les critiques des pilotes et affirme encore être prête à discuter si des propositions «constructives» sont avancées.
Les pilotes avaient déjà débrayé les 6 et 7 septembre. Le patron de Sabena, Christoph Müller, avait estimé à 5 millions d’euros (7,5 millions de francs suisses) le manque à gagner du seul deuxième jour de grève, sauvage celui-ci. Son plan prévoit notamment de redimensionner l’entreprise et la suppression de 1500 emplois à temps plein, dont 550 licenciements secs, sur 12 000 collaborateurs.
Versement de Swissair attendu
Sabena doit tenir mercredi une assemblée générale extraordinaire consacrée à sa recapitalisation par l’Etat belge (50,5 % des actions) et Swissair (49,5 %). Quelque 200 millions de francs suisses devraient être versés lundi par le groupe helvétique. Mais, vu la crise que traverse Swissair, certains observateurs se demandent en Belgique si le groupe suisse sera en mesure de le faire.
Interrogé par «Le Soir», le chef de cabinet du premier ministre belge, Luc Coene, a qualifié le mouvement des pilotes de «très dangereux». Selon lui, ils vont «donner à Swissair un excellent argument pour ne pas verser le capital promis».
Cela dit, le président du conseil d’administration de Sabena, Fred Chaffart, s’est dit confiant que Swissair Group honorerait ses engagements. Il a menacé néanmoins de relancer une procédure judiciaire contre le groupe suisse si tel n’était pas le cas.
swissinfo avec les agences
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