Sous-emploi en forte croissance: les femmes paient deux fois la facture.
Alors que le chômage baisse, le sous-emploi, lui, augmente très rapidement et crée de nouveaux pauvres. Principales victimes, les femmes paient le prix fort: Elles sont peu rémunérées et privées ensuite d’un deuxième pilier.
Alors que le chômage baisse, le sous-emploi, lui, augmente très rapidement et crée de nouveaux pauvres. Principales victimes, les femmes paient le prix fort: Elles sont peu rémunérées et privées ensuite d’un deuxième pilier.
Sorti de la crise économique, le chômage baisse très régulièrement et l’emploi reprend du poil de la bête. Tout semble donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Ce n’est malheureusement pas le cas pour tout le monde. Le sous-emploi, soit le travail à temps partiel non désiré, est en très forte augmentation. Selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique, on comptait 186 000 personnes en sous-emploi en 1991. On en comptait 290’000 en 1999.
Et, personne ne s’en étonnera, le sous-emploi frappe surtout les femmes (83 pour cent) Des femmes qui touchent souvent un salaire dérisoire et qui en plus doivent faire preuve de flexibilité.
Le sous-emploi apparaît comme une véritable plaie de notre société. L’Union syndicale suisse s’en indigne. Et les associations de femmes réclament désespérément la mise en place de systèmes de garde d’enfants qui permettraient aux femmes de travailler plus.
Il faut dire que le sous-emploi amène un cortège de conséquences sociales et économiques non négligeables. Gagner peu aujourd’hui signifie en effet gagner encore moins demain.
Car ceux qui ont un salaire inférieur à 24 120 francs par an, soit le salaire de coordination, ne sont pas affiliés au deuxième pilier. Une fois donc à la retraite, ils ne touchent que l’AVS. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes: 50 pour cent des femmes qui travaillent ne bénéficient pas de cette prévoyance sociale.
Or, cette situation ne risque guère de s’améliorer à l’avenir. Dans son message en faveur de la révision de la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP), le Conseil fédéral n’envisage ni de supprimer, ni même de réduire le salaire de coordination nécessaire pour obtenir le deuxième pilier. Raison invoquée: des coûts trop élevés.
Et les partisans du Conseil fédéral d’ajouter que la diminution du salaire de coordination pénaliserait en réalité les bas revenus, par des cotisations mensuelles à la LPP.
Jean-Pierre Fragnière, professeur de politique sociale à l’université de Genève, fustige cette politique. Selon lui, il s’agit d’un faux calcul. En réduisant légèrement les dépenses aujourd’hui, on sera amené à débourser bien plus demain. Car en économisant sur le dos des revenus modestes aujourd’hui, on risque de créer des assistés demain, qui coûteront autrement plus cher.
Catherine Miskiewicz
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