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Swissair entre la vie et la mort

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Alors que le Conseil fédéral consacre une séance extraordinaire à l'avenir du groupe aérien suisse, la cotation des titres de Swissair Group et de Crossair a été suspendue pour deux jours à la Bourse suisse. Sauvetage ou faillite partielle? Réponse dans les prochaines heures. Mais les syndicats rejettent, d'ores et déjà, une «solution Crossair». Assurés lundi, les vols ne sont désormais plus garantis.

Lundi après-midi, une certaine nervosité régnait à l’aéroport de Kloten. Mais les vols ont été assurés normalement durant la journée, de même que toutes les autres activités du groupe. Pour ce qui est de mardi, Swissair Group, qui fonctionne désormais au jour le jour, doit encore se prononcer.

Aux soins intensifs

Depuis les attentats du 11 septembre, le groupe aérien suisse est aux soins intensifs. Sa direction, il y a une semaine, annonçait une restructuration radicale. Et un groupe de travail, emmené par l’ancien conseiller national Ulrich Bremi, s’était mis à plancher sur les solutions possibles pour sortir de la crise.

Mais, dimanche, tout s’est précipité. Il y a eu tout d’abord ces prévisions alarmistes de Swissair Group quant aux conséquences financières des attentats contre les Etats-Unis (plusieurs milliards de francs suisses pour 2001-2002, selon un porte-parole), assorties d’un appel à l’aide de la Confédération.

Le conseil fédéral entre en scène

Deuxième acte: les deux grandes banques suisses, le Credit Suisse Group et l’UBS annoncent qu’elles sont prêtes à fournir jusqu’à un milliard de francs, sous la forme d’un crédit relais. Une somme destinée exclusivement au secteur aérien. Et Marcel Ospel de rejeter, en outre, l’idée d’une aide de l’Etat.

Troisième acte, enfin, avec l’entrée en scène du Conseil fédéral. En plein dimanche après-midi, le président de la Confédération, Moritz Leuenberger, et le ministre des Finances, Kaspar Villiger, reçoivent les représentants de Swissair et de Crossair, mais aussi de l’économie et des banques. La réunion dure quatre heures, mais aucune solution ne filtre.

Actions Swissair et Crossair suspendues

L’avenir du transporteur suisse est donc plus incertain que jamais. Une incertitude soulignée par la suspension, lundi matin, du négoce des actions Swissair et Crossair à la Bourse suisse. En outre, c’est aujourd’hui que le groupe doit verser 200 millions de francs suisses à Sabena, afin d’honorer ses engagements vis-à-vis de la compagnie belge.

Plusieurs solutions sont envisageables quant à l’avenir de Swissair Group. Mais, depuis ce week-end, un mot revient sans-cesse: la faillite. «La solution qui semble se dessiner c’est la faillite de Swissair et un redémarrage de l’activité des lignes aériennes sous couvert de Crossair», expliquait lundi matin, à la Radio Suisse Romande, François Savary, analyste financier indépendant.

Le scénario Crossair

Ce scénario, c’est en fait celui proposé – ou imposé – par l’UBS, à en croire le Tages-Anzeiger. Selon le quotidien zurichois, la banque ne voit d’avenir que dans Crossair. La compagnie bâloise recevrait de l’argent pour se renforcer. Certains secteurs du groupe Swissair seraient également intégrés dans Crossair. Pour le reste, ce serait le dépôt de bilan ou la vente.

Une telle solution aurait, bien sûr, comme avantage – pour autant qu’elle soit réalisable – de repartir sur de nouvelles bases et de continuer à voir voler autour du globe une compagnie aérienne suisse. Mais l’addition serait alors très lourde pour les employés du groupen et pour les petits actionnaires qui sont nombreux.

L’opposition des syndicats

Enfin, une faillite aurait automatiquement de graves répercussions sur les sociétés étrangères dans lesquelles Swissair Group a d’importantes participations ou d’importants engagements: Sabena en Belgique, l’ancien pôle AOM/Air Liberté en France, et LTU en Allemagne.

Les syndicats ne s’y trompent d’ailleurs pas. Le SSP, le syndicat des services public, a clairement rejeté le «scénario Crossair», la constitution d’un nouveau pôle aérien autour de la compagnie bâloise. «C’est n’est pas possible qu’une seule banque, l’UBS, décide, avec Crossair, de l’avenir du trafic aérien suisse», a déclaré ce matin à l’Associated Press Daniel Vischer, le président de la section aérienne du SSP.

Pierre Gobet, Zurich

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