Un vrai statut pour les rollers
Le projet d'ordonnance sur les règles de la circulation routière n'accorde qu'un statut de piétons aux utilisateurs de trottinettes, skateboards et rollers, regrette la Commission fédérale de la jeunesse (CFJ). Elle plaide pour une approche plus souple des nouveaux engins à roulettes.
Aujourd’hui, ils sont près d’un million à se déplacer en rollers, trottinettes ou skateboards dans les rues de Suisse. D’où la nécessité d’établir un code de la route qui tienne compte de ces nouveaux moyens de locomotion. La Confédération a donc mis un projet en consultation jusqu’au 10 octobre.
La révision de l’ordonnance sur les règles de la circulation routière confirme en quelque sorte le statut quo. Elle autorise la circulation sur les trottoirs, les pistes cyclables et les routes où la vitesse est limitée à 30km/h.
Comme des sous-piétons
«Le texte offre une existence juridique aux nouveaux engins à roulettes. C’est une bonne chose, commente Marion Nolde, secrétaire de la CFJ. Mais les rollers n’ont pas de statut propre. Ils sont techniquement assimilés aux piétons. En plus, ils doivent leur accorder la priorité.»
Le problème, c’est que l’espace réservé aux véhicules non-motorisés est toujours plus restreint. Avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs et la multiplication des types de transport, «les conflits sont pré-programmés», poursuit Marion Nolde.
Elargir l’espace
La CFJ propose donc d’accorder un statut de véhicule aux rollers et d’étendre l’espace qui leur est réservé. Par exemple en les laissant circuler sur les routes et pas seulement sur les tronçons à 30km/h. Ou en autorisant une utilisation nocturne des pistes de bus.
Parallèlement, il faut aussi renforcer la sécurité, selon la commission. Sur le principe de la bicyclette, elle suggère l’introduction d’une vignette qui donnerait une assurance responsabilité civile aux utilisateurs. La CFJ demande également la mise en place de normes de qualité pour les constructeurs – les freins posent problème entre autres – et le renforcement de la prévention.
Un permis de trottinette?
Dernière proposition: distinguer rollers débutants et rollers confirmés. A partir de là, pourquoi pas un permis de conduire… «Certains jeunes ont lancé l’idée d’un permis pour les rollers qui souhaitent rouler plus vite et s’intégrer à la circulation, répond Marion Nolde. Reste à voir avec les milieux concernés s’il faut favoriser une telle solution.»
Si le permis de trottinette n’est pas prévu pour demain, la nouvelle ordonnance, elle, pourrait entrer en vigueur en mai 2002. La plupart des cantons doivent encore répondre à la procédure de consultation qui prend fin le 10 octobre.
Alexandra Richard
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