Accord global: une fête sans la Suisse
Tous les principaux acteurs de l'affaire des fonds en déshérence se sont retrouvés lundi soir à New York, pour une soirée de gala organisée par le Congrès juif mondial. Tous, sauf des personnalités suisses qui brillaient par leur absence.
Il y avait là tous les ingrédients d’une grande soirée mondaine. Le cadre tout d’abord: en bordure de Central Park, l’un des plus prestigieux palaces new-yorkais. Les limousines aussi, les toilettes élégantes et les smokings. Parmi les invités: des hommes politiques, des businessmen et même un couple-star: Bill Clinton et la First Lady, en pleine campagne pour le siège de sénateur de New York.
C’est pourtant l’ombre de l’Holocauste qui a plané sur toute la soirée. Une réception destinée à récolter des fonds (chaque couvert valant entre 1000 et 2500 dollars) en faveur de l’organisateur, le Congrès juif mondial (CJM), mais dont le but était avant tout d’honorer une série de personnalités qui se sont illustrées, ces dernières années, en défendant la cause des survivants des persécutions nazies.
Dans la liste on retrouve Alfonse D’Amato, Stuart Eizenstat, Alan Hevesi, Paul Volker, Avraham Burg, aux côtés de Bill et de Hillary Clinton. Des noms qui, comme au générique d’un film un peu oublié, rappellent les deux ans et demi de débats et de polémique qui ont agité la Suisse, et souvent porté ombrage à sa réputation dans le monde.
Il ne s’agissait d’ailleurs pas uniquement de la Suisse, puisque le ministre allemand des Affaires étrangères, Joshka Fisher, a pris la parole. De quoi rendre d’autant plus criante l’absence de la Suisse officielle. Et cela au moment même où Joseph Deiss est en visite à New York.
Le Conseil fédéral n’a tout simplement pas reçu d’invitation, explique le chef de la diplomatie helvétique. «Le gouvernement suisse n’était d’ailleurs pas directement partie prenante à cette question de l’accord intervenu entre les banques suisse et les organisations juives. C’est pour cette raison que nous n’avons pas de commentaire à faire sur cette manifestation».
Seule présence suisse, celle de l’économie. Nestlé, Novartis, Winterthur et Zurich avaient réservé une table. Pas de trace par contre des grands patrons, en particulier de ceux de l’UBS et du Credit Suisse Group, les deux grandes banques signataires de l’accord global. Ah oui, tout de même à signaler la présence d’un véritable acteur du dossier, côté suisse: Rolf Bloch. Mais il était à New York en temps que représentant du Congrès juif européen.
Pierre Gobet, New York
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