Développement: l’obole des sans confession
Le Parti démocrate-chrétien propose de solliciter les Eglises et les contribuables sans confession pour soutenir le financement de l’aide au développement.
Pour les tiers-mondistes, l’intention est louable, mais le projet est quelque peu farfelu.
Les personnes sans confession devraient verser une contribution – équivalente à l’impôt ecclésiastique – à un fonds de développement pour soutenir des projets caritatifs, sociaux et culturels, suggère le PDC.
«Taxer les personnes qui n’affichent pas sur leur déclaration d’impôt leur appartenance aux Eglises catholiques et protestantes reconnues répond à une certaine égalité de traitement», juge le député démocrate-chrétien Christophe Darbellay.
«Ce fonds serait aussi alimenté en partie par les Eglises», précise sa collègue de parti Rosemarie Zapfl. Il serait géré par les organes d’aides au développement de la Confédération comme la Direction du développement et de la coopération (DDC).
Economies budgétaires
Le Parti démocrate-chrétien voit là le moyen d’atteindre plus rapidement l’objectif déclaré de consacrer 0,4% du produit intérieur brut à l’aide au développement.
En 2003, la Suisse était encore en deçà du but, en dépensant 17,3 milliards, soit 0,38% de son PIB.
Le projet s’inscrit aussi dans le contexte de coupes budgétaires. Les démocrates-chrétiens soutiennent ainsi les dernières propositions d’économies du Conseil fédéral en matière d’aide au développement.
«Un critère arbitraire»
Pour la Déclaration de Berne, cette proposition du PDC n’a pas de sens. «L’aide au développement est une responsabilité de l’Etat», rappelle Florence Gerber.
«C’est un peu facile de se décharger de cette responsabilité sur certains individus seulement. Et surtout sur la base d’un critère aussi arbitraire que le paiement ou non de l’impôt ecclésiastique.»
Cela laisse sous-entendre que les personnes qui paient un impôt ecclésiastique font déjà assez pour l’aide au développement et pas les autres, estime l’organisation.
Le Parti démocrate-chrétien précise que, pour l’instant, il ne s’agit que d’une proposition.
swissinfo et les agences
En 2003, la Suisse a dépensé 17,3 milliards.
Cela représente 0,38% de son produit intérieur brut.
L’objectif est d’y consacrer 0,4% du PIB.
L’impôt d’Eglise est facultatif.
Seules les communautés religieuses officiellement reconnues sont autorisées par l’Etat à prélever cet impôt.
Le mode de prélèvement et le montant de cet impôt sont différents d’un canton à l’autre.
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