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La déclaration «Dominus Iesus» ne remet pas en question l’oecuménisme en Suisse

Pour les évêques suisses, «Dominus Iesus» ne menace ni les efforts oecuméniques, ni le dialogue interreligieux. Keystone

Même si elle jette un froid chez les protestants de Suisse, la déclaration du Vatican sur la primauté de l´Eglise catholique ne va pas ruiner des siècles de rapprochement oecuménique, dans un pays que l´on peut tenir pour pionnier en la matière.

«En Suisse, l’oecuménisme est à peu près aussi ancien que la Réforme, rappelle le pasteur Raymond de Rahm, vice-président du conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse. Dans ce pays, les catholiques n’ont jamais pu oublier qu’ils n’étaient pas seuls».

Avec 46 pour cent de catholiques, 40 pour cent de protestants et 4 pour cent de fidèles d’autres religions, la Suisse est en effet un terrain idéal pour l’entente entre fidèles de différentes chapelles. C’est d’ailleurs à Lausanne que se tient en 1927 la conférence «Foi et constitution», qui réunit les protestants de toutes tendances et les orthodoxes et qui jette les bases de l’oecuménisme moderne.

L’idée est reprise en 1962 par le Concile Vatican II, qui voit l’Eglise catholique admettre pour la première fois officiellement la valeur des autres confessions chrétiennes. «Mais même à l’époque, souligne le pasteur de Rahm, l’Eglise catholique se présentait comme seule héritière de la totalité du message du Christ et des apôtres». En ce sens, la récente déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi ne le surprend guère.

Quant à savoir si elle est de nature à remettre en question le rapprochement oecuménique, le pasteur Pierre Marguerat, porte-parole de l’Eglise réformée vaudoise, n’a pas de craintes particulières. «Bien sûr, cela jette un froid, mais ça ne suffira pas à briser les liens d’amitié qui se sont tissés entre les gens dans les paroisses. Aujourd’hui, je crains plutôt que cela mette certains catholiques plutôt mal à l’aise».

Même son de cloche chez Raymond de Rahm, qui voit dans cette déclaration avant tout un message interne à l’Eglise catholique. Et finalement, la Conférence des évêques suisses n’a pas dit autre chose lors de la conférence de presse organisée jeudi matin. Selon son président, Monseigneur Amedée Grab en effet, «la déclaration visait d’abord à mettre en garde contre le relativisme consistant à dire que toutes les religions se valent».

Pour les évêques, «Dominus Iesus» ne menace donc ni les efforts oecuméniques, ni le dialogue interreligieux. Et comme pour donner un signe supplémentaire d’ouverture, la Conférence des évêques suisses a profité de cette conférence de presse pour affirmer son soutien à l’adhésion de la Suisse à l’ONU.

Marc-André Miserez

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