La visite d’Adolf Ogi en Chine relance l’amitié sino-helvétique
Le président de la Confédération Adolf Ogi est arrivé mardi en Chine pour une visite de trois jours. Entre la Suisse et la Chine dite rouge, c´est une vieille histoire, celle d´une rencontre cinquantenaire et d´une vie de couple non dénuée de nuages.
Un demi-siècle de coexistence, ça compte. Sûrs de leur bon droit et de leur puissance affirmée, les dirigeants chinois savent ne pas oublier trop vite le passé, mais n’hésitent pas non plus à en user à leur convenance. Ces dernières années, diverses mésaventures ont témoigné de leur propension à rappeler autrui à l’ordre, le leur bien entendu.
On songe notamment à l’avertissement sans frais de Jiang Zemin à Berne outré de voir s’agiter sous ses yeux des drapeaux tibétains, lançant à la présidente de la Confédération d’alors: «vous avez perdu un ami!» Ce qui ne l’a pas empêché le lendemain, sur le tapis rouge des grandes sociétés helvétiques, d’être tout sourire.
Néanmoins, lors de la préparation de la visite d’Adolf Ogi, le protocole chinois avait déclaré que l’emploi du temps du chef de l’Etat chinois était trop chargé pour recevoir le visiteur. Ce dernier avait répliqué que dans ce cas, il s’abstiendrait de faire escale au Céleste empire.
Du coup, promesse lui a été faite qu’il serait dûment reçu à la Cité interdite. En principe cette rencontre devrait intervenir mercredi. Ainsi vont les hauts et les bas d’une amitié loin d’être parfaite, mais à laquelle chacun trouve son intérêt, pourvu qu’il ne perde pas la face…
Claude Levenson
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