Morges prend de la hauteur
Jusqu'à jeudi, le Théâtre de Beausobre à Morges propose à son public de prendre de l'altitude et de goûter à la spiritualité. Au menu: «Musiques et danses des Himalayas».
On pourrait penser que la chaîne de l’Himalaya, rempart le plus élevé de la planète, représente une frontière plutôt qu’un lieu de communication. Pourtant, elle est traversée par de nombreux axes qui ont toujours permis au sous-continent indien d’être en contact avec le nord et le nord-est… Au croisement des influences indienne, persane et chinoise, l’Himalaya, ou plutôt «les Himalayas», selon la formulation de Beausobre, ont suscité et suscitent une grande richesse d’expression, qu’elle soit artistique, spirituelle, ou les deux à la fois.
La spiritualité au théâtre, est-ce bien raisonnable? «Cela va de soi», répond le patron du Théâtre de Beausobre, Jean-Marc Desponds. «Pour moi, rassembler les gens dans un théâtre, c’est les relier. Or, le mot religion vient du mot relier. A travers la musique, on apporte de la spiritualité, mais pas dans le sens ringard du terme. La spiritualité, c’est l’esprit. Réfléchir sur soi-même, sur l’avenir du monde, sur tous les problèmes qui nous concernent.»
Mardi soir sera tibétain et boudhiste. Les 30 moines-danseurs du monastère de Shetchen présenteront «Les huit manifestations de Padmasambhava». Car là-bas, à la différence d’ici, les moines dansent. Des danses qui prétendent nous «libérer par la vue» des poisons mentaux: la haine, la convoitise, l’ignorance, l’orgueil, la jalousie…
Mercredi soir sera népalais et hindouiste: percussions Naubaja et danses Chacha Pyakham, interprétées par les ensembles Lalit Nasahkala et Dance Mandal, nous emmèneront dans la vallée de Katmandou.
Enfin, jeudi soir sera cachemirie et musulman, avec une plongée dans le soufyana mousîkî, la musique de l’élite urbaine du Cachemire, une musique d’origine religieuse, mais qui fonctionne en tant que musique classique profane de la région.
En préambule à ces trois soirées, Matthieu Ricard est venu lundi donner une conférence sur un vaste thème: «Vie contemplative et vie active». Etonnante trajectoire que celle de Matthieu Ricard. Fils de l’écrivain Jean-François Revel, il est docteur en génétique cellulaire, spécialiste de la culture tibétaine, et traducteur du Dalaï Lama. Il vit actuellement au monastère de Shechen, au Népal…
Dès qu’on évoque la culture tibétaine, on pense peut-être art et spiritualité, mais également politique… La démarche de Jean-Marc Desponds relève-t-elle donc d’un engagement de ce type? «A gauche, à droite, en haut, en bas, je constate que la politique fonctionne toujours selon les mêmes mécanismes. Moi, je crois que le changement est d’abord intérieur, et que c’est celui-ci qui provoque les plus grosses révolutions. Et cela pour chacun d’entre nous.»
Bernard Léchot
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