Que signifie la Pentecôte pour les Suisses?
La Pentecôte chrétienne tombe, cette année, un jour après la Pentecôte juive. Mais qui connaît le sens de cette fête de l'unité? «L'Echo Magazine» n'hésite pas à la comparer au récent vote des Suisses sur les bilatérales...
Des langues de feu qui tombent du ciel, des disciples qui se mettent à parler les idiomes des Mèdes, des Judéens, des Crétois ou des Arabes: telle qu’elle est racontée dans les Actes des Apôtres, la Pentecôte reste l’un des mystères les plus étranges de la parole biblique.
Mais, pour les Chrétiens, le symbole est clair. Jésus avait annoncé le baptême par l’Esprit Saint. Nous sommes 50 jours après Pâques, les disciples sont encore sous le coup de ce qu’ils viennent de vivre. Mais ils célèbrent quand même la Pentecôte juive, qui marque le don par l’Eternel des tables de la loi au prophète Moïse.
Et tandis qu’ils se terrent dans leur cénacle, le Saint Esprit descend sur eux et les investit d’une force et d’une foi inébranlable. Ils n’ont plus peur de rien et sortent annoncer la nouvelle à la foule assemblée dehors, en utilisant littéralement toutes les langues du monde connu à l’époque. Les portes s’ouvrent, la parole divine sort du cercle des initiés. Bref, c’est le véritable acte de naissance de l’Eglise.
Pour Albert Longchamp, rédacteur en chef de l’hebdomadaire catholique «L’Echo Magazine», le message est très fort. Le fait que chacun comprenne ce que disent les apôtres dans sa propre langue indique bien que l’Eglise du Christ ne sera pas fusionnelle, mais polyphonique.
Dans sa dernière livraison, le magazine n’hésite d’ailleurs pas à mettre cette histoire en parallèle avec le récent vote des Suisses en faveur des accords bilatéraux conclus avec l’Union européenne. Ce pays multiculturel donne un signe d’ouverture vers un ensemble plus vaste, lui aussi formé d’assemblages de cultures différentes.
Belle interprétation, même si les Suisses sont encore moins nombreux à se soucier de la Pentecôte qu’à se rendre aux urnes. Pour la plupart d’entre eux, la fête fondatrice de l’Eglise reste avant tout un lundi congé.
Marc-André Miserez
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