La bombe à retardement du vieillissement

swissinfo.ch

En Suisse, le vieillissement de la population ralentit. Mais ce n'est qu'un répit. La situation devrait redevenir problématique dès 2005.

Ce contenu a été publié le 23 janvier 2002 - 00:02

La proportion de personnes âgées est restée relativement stable entre 1990 et 2000. Selon le dernier recensement de la population, le pourcentage de personne de 60 ans et plus est passé de 19,2% en 1990 à 20,2% en 2000. La part des jeunes de moins de 20 ans a légèrement diminué pour s'établir à 22,5%.

Le vieillissement de la population s'est donc considérablement ralenti. L'augmentation de la part des 60 ans et plus avait été beaucoup plus rapide entre 1970 et 1990, passant de 16,4% à 19,2%. La chute du nombre des jeunes avait encore été beaucoup plus marquée, passant, durant la même période, de 30,6% à 23%.

Les baby-boomers font des petits

Ce ralentissement du vieillissement de la population s'explique par trois raisons. D'abord, les générations du baby boom, nées dans les années 60, ont eu la plupart de leurs enfants dans les années 80 et 90. Le nombre de nouveau-nés est donc élevé.

Ensuite, l'apport de la population étrangère rajeunit la Suisse. L'arrivée de jeunes familles migrantes et d'enfants étrangers suite au regroupement familial a contribué à l'accroissement du nombre des moins de 20 ans.

Les étrangers, surtout parmi les Italiens et les Ibériques, retournent par ailleurs souvent dans leur pays au terme de leur vie active. Ils rajeunissent donc la pyramide des âges, mais ne la vieillissent pas. Plus d'un quart des 20-39 ans sont étrangers, alors que l'on ne dénombre que moins d'un étranger sur 20 parmi les plus de 80 ans.

Troisième raison enfin, le nombre des personnes de 80 ans et plus n'a augmenté que très modestement en raison du trou démographique des années 1915-1920.

Cette classe d'âge est peu nombreuse en raison de la baisse de fécondité due à la Grande Guerre et aux ravages de la grippe espagnole de 1918.

Le papy-boom a de l'avenir

Mais ce ralentissement du vieillissement de la population ne saurait durer. Plusieurs facteurs poussent les statisticiens au pessimisme.

Les naissances dues au baby-boom ne doivent pas faire illusion. La fécondité des femmes suisses continue de baisser rapidement. Il est passé de 1,55 enfant par femme en 1990 à 1,27 en 2000.

Autre cause de soucis: la proportion des actifs avance inexorablement dans la pyramide des âges. De 1990 à 2000, la part des 20-39 ans a chuté de 32,3% à 29,5%, tandis que celle des 40-59 ans a augmenté de 25,5% à 27,8%. En d'autres mots, le baby-boom va bientôt se transformer en papy-boom.

Il n'y a donc pas de miracle. Selon les statisticiens, il faut s'attendre à une nouvelle accélération du vieillissement démographique à partir de 2005 et à une forte diminution du nombre d'actifs entre 2015 et 2035.

Les débats politique sur le financement de l'AVS et sur la politique migratoire sont donc d'ores et déjà programmés.

Olivier Pauchard

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