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La Cinquième Suisse a refusé de justesse d’interdire la burqa

Des bulletins de vote photographiés lors du dépouillement à Zurich, le 7 mars 2021. Keystone / Alexandra Wey

Si seuls les expatriés avaient voté dimanche, l’initiative «anti-burqa» et l’accord de libre-échange avec l’Indonésie auraient été rejetés d’un cheveu. La plus grande différence de vote concerne l’eID. Et la participation de la Cinquième Suisse est restée modeste.

Ce contenu a été publié le 08 mars 2021 - 16:00

Alors que la Suisse a clairement balayé dimanche la loi sur l’identité électronique (eID), refusée par plus de 64% des votants et la totalité des cantons, l’objet a bénéficié de plus d’indulgence de la part de la diaspora. Elle aussi a refusé le projet, mais par une plus courte majorité.

Dans les 12 districts de Suisses de l’étranger pour lesquels on dispose de statistiquesLien externe, près de 47% des votants ont glissé un «oui» dans leur enveloppe. La loi a passé la rampe dans plusieurs districts d’expatriés comme Fribourg ou le Valais.

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Cela s’explique certainement par le fait que de nombreux citoyens helvétiques de l’étranger trouveraient avantage à l’instauration d’une identité numérique, notamment dans la perspective du vote électronique.

«La Suisse étant assez en retard sur cette question, une partie de l’électorat vit probablement dans des pays où l’identité électronique existe déjà et pourrait avoir une expérience favorable d’un tel outil», ajoute Martina Mousson, cheffe de projet à l’institut gfs.bern.

«Les Suisses de l’étranger ont peut-être aussi davantage d’affinités avec le monde en ligne parce que c’est ainsi qu’ils restent en contact avec leurs pays d’origine», avance la politologue contactée par swissinfo.ch.

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Différence serrée sur l’interdiction de la burqa

En ce qui concerne l’initiative de l’UDC visant à interdire le port de la burqa et du niqab dans l’espace public, le comportement de vote de la Cinquième Suisse se distingue si légèrement de celui du reste des Helvètes qu’il est hasardeux d’en tirer des conclusions.

Le texte de la droite conservatrice a été accepté de justesse dimanche, tandis que la diaspora l’a refusé par une majorité tout aussi mince (51,1%).

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La surprise vient surtout de l’évolution constatée depuis le dernier sondage gfs.bern paru le 24 février, qui donnait encore les expatriés favorables au texte à 58%, malgré un soutien en diminution.

Il est difficile d’expliquer pourquoi cette tendance au «non» amorcée en début d’année a progressé davantage auprès de la diaspora qu’auprès des Suisses de l’intérieur, selon Martina Mousson, qui relève que le comportement de vote des expatriés est toujours difficile à appréhender avec certitude.

Moins de soutien à l’accord de libre-échange avec l’Indonésie

Un retournement par rapport au dernier sondage se constate aussi sur l’accord économique avec l’Indonésie. Fin février, les partisans de cet objet étaient légèrement plus nombreux au sein de la Cinquième Suisse (54%) que dans le reste de la population (52%).

Il apparaît qu’une bonne partie des Suisses de l’étranger qui étaient encore indécis se sont plutôt tournés vers le «non», pour au final refuser le texte d’un cheveu.

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Une participation modeste

Dans les 12 districts de Suisses de l’étranger, un peu moins de 35'700 bulletins ont été rentrés sur 136'300 inscrits, soit un taux de participation de 26,2%, inférieur à la moyenne enregistrée sur les cinq dernières années (un peu plus de 29%).

A l’inverse, la participation nationale s’est hissée au-delà des 50% (51,3%), ce qui n’est arrivé que quatre fois depuis début 2016.

«Participer aux votations requiert une forte motivation des Suisses de l’étranger, rappelle Martina Mousson. Les électeurs et les électrices se mobilisent surtout pour les objets qui touchent leur vie, et c’est encore plus vrai pour la diaspora.»

Dans cette votation, même si la question de l’interdiction de la burqa avait le potentiel de mobiliser à l’international, il s’agissait avant tout - comme les deux autres objets - d’un sujet de politique intérieure, analyse la politologue.

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