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La presse attend un gouvernement plus collégial

La presse salue l'élection de Johann Schneider-Amman et de Simonetta Sommaruga.

(EQ Images)

La presse suisse de jeudi salue l’élection de Simonetta Sommaruga et Johann Schneider-Ammann au gouvernement. Outre l’aspect de la promotion des femmes, elle estime que cette double élection peut ramener un peu de collégialité au gouvernement. Mais la situation pourrait ne pas durer plus d’un an.

Avec l’élection de mercredi, le gouvernement suisse devient pour la première fois majoritairement féminin. L’aspect historique de cet événement n’a bien sûr pas échappé aux commentateurs.

Evénement historique

«Symboliquement, cette transition à une majorité féminine est d’une formidable puissance. Quarante ans après le droit de vote des femmes, elle couronne un long combat pour l’égalité», note ainsi la Tribune de Genève. «Ce mercredi entrera bel et bien dans l’histoire. L’histoire qui s’écrit en rose», renchérit Le Matin.

Pour la presse, ce gouvernement désormais majoritairement féminin permet à la Suisse de faire oublier un peu son peu d’enthousiasme à promouvoir les femmes dans la politique. «Nous sommes donc devenus les premiers de classe, après des décennies passées au coin à cause de la réticence à accorder le droit de vote aux femmes», note le Giornale de Popolo.

«Pour une fois, la Suisse a battu un record mondial de rapidité: moins de 40 ans après avoir été un des derniers pays sur la planète à accorder le droit de vote aux femmes, elle figure aujourd’hui parmi les rares nations à avoir une majorité féminine dans son gouvernement», rappelle pour sa part L’Express.

Au-delà de la portée symbolique, bon nombre de commentateurs estiment qu’une majorité de femmes peut apporter quelque chose de nouveau en politique. «Les quatre femme au conseil fédéral pourraient faire souffler un vent nouveau. Dans d’autres Etats, des situations similaires ont conduit à une plus grande sensibilisation par rapport à des thèmes comme la migration ou la défense de l’environnement», souligne l’Argauer Zeitung.

Des personnalités compétentes

Les commentateurs sont également assez satisfaits du choix des deux nouveaux ministres. Ils soulignent que ce sont des personnalités compétentes et reconnues.

«Sous les projecteurs, il y a deux personnalités bernoises qui ont convaincu par leur compétence», estime la Neue Zürcher Zeitung. Le grand journal zurichois qualifie d’ailleurs le nouveau duo de «Madame Parfaite et Monsieur Places de travail».

L’élection de Johann Schneider-Ammann laisse cependant quelques commentateurs perplexes. L’homme est vu comme un peu terne et d’aucuns regrettent la non élection de sa colistière. «Combien de fois n’avons-nous pas entendu des élus confesser que Karin Keller-Sutter n’avait pas franchi le cap ‘parce qu’elle était trop bonne’. Heureux pays qui peut ainsi se passer des ses meilleurs éléments parce qu’ils pourraient faire de l’ombre aux autres», déplore 24 heures.

Pour autant, les qualités de l’entrepreneur multimillionnaire sont reconnues. «Il incarne cette Suisse laborieuse, consensuelle, qui réussit à l’étranger, conservatrice dans ses valeurs mais performante», note Le Temps. «Pour le PLR, Schneider-Ammann est un coup de chance, car il permet à son parti de se profiler sur le plan économique», ajoute la Neue Zürcher Zeitung.

Reste que tout ne se résume pas à l’économie. «La Suisse n’est pas une SA, les citoyens ne sont pas des clients et les affaires fédérales ne se dirigent pas comme une entreprise», avertit La Liberté.

Retour (provisoire) au consensus

Les commentateurs sont généralement d’avis que cette double élection marque une volonté d’apaisement.

«Par son choix, le parlement exprime un besoin de stabilité, l’envie sincère de reconstruire une équipe gouvernementale ébranlée par les affaires mal maîtrisées et des démissions bâclées», note Le Temps. Un avis partagé par La Regione qui écrit: «L’entrée de ces deux personnalités au gouvernement devrait surtout permettre, selon ceux qui ont voté pour elles, de rétablir dans le collège gouvernemental cet esprit de collégialité qui a récemment fait défaut.»

«Après des années de crises et de batailles intestines, la nouvelle configuration gouvernementale – les femmes sont réputées pour collaborer plus efficacement – permettra-t-elle de retrouver le chemin d’une véritable collégialité? Jamais dans l’histoire récente, les conditions n’auront été aussi favorables», estime pour sa part la Tribune de Genève.

Mais la plupart des commentateurs mettent en garde: la nouvelle configuration du gouvernement pourrait bien ne pas survivre aux élections fédérales de l’automne 2011. «A peine installé, ce nouveau Conseil fédéral risque d’être pris dans le maelström électoral», prévient ainsi 24 heures.

En effet, au terme de ces élections, l’actuelle ministre de la Justice Eveline Widmer-Schlumpf risque bien de ne pas être reconfirmée à son poste, ce qui permettra à l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) de retrouver son second siège.

«Les autres partis n’ont pas donné suite à la demande de l’UDC d’un second siège au gouvernement en justifiant leur refus avec l’élection d’Eveline Widmer-Schlumpf, une femme UDC, en 2007. Mais après l’automne 2011, cet argument ne sera plus valable», conclut le Tages Anzeiger.

Le gouvernement suisse

Depuis 1848, l'Exécutif de la Confédération suisse se nomme Conseil fédéral.

Le Conseil fédéral se compose de sept membres.

Le Conseil fédéral est élu par le Parlement.

Le Parlement ne peut pas démettre le Conseil fédéral tout comme ce dernier ne peut pas dissoudre le Parlement.

Les sept membres du gouvernement prennent leurs décisions en commun.

Les fonctions de président de l'Etat ou de chef du gouvernement n'existent pas en Suisse. Le président de la Confédération, toujours élu pour une période d'un an, préside les séances du Conseil fédéral et assume une fonction protocolaire. Il n'a pas davantage de pouvoir que les six autres membres du gouvernement.

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swissinfo.ch


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