La vigilance des douaniers coûte cher aux voyageurs négligents
Durant les vacances d'été, la douane de l'aéroport de Zurich tourne à plein régime. Souvent confrontés à des excuses de voyageurs prétendument ignorants, les collaborateurs trouvent parfois aussi des produits exotiques comme de la viande de singe.
(Keystone-ATS) En sortant de l’avion au retour des vacances, les voyageurs doivent choisir entre le secteur vert «Rien à déclarer» et le rouge qui permet de présenter volontairement sa valise. Mieux vaut faire le bon choix, car les conséquences peuvent être lourdes.
A l’aéroport de Zurich, des milliers de voyageurs sont chaque jour confrontés à cette décision. Keystone-ATS a pu suivre les activités des agents de l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF). La franchise-valeur de 150 francs leur donne beaucoup de travail.
Cette limite, qui était auparavant de 300 francs, a été abaissée à 150 francs au 1er janvier 2025. Quiconque importe des marchandises d’une valeur supérieure doit payer un supplément.
L’oeil exercé des douaniers permet de débusquer les «contrevenants». «Si nous voyons trois nouvelles boîtes à chaussures sur le chariot, nous faisons vite le rapprochement», cite en exemple un chef d’engagement de l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF). En plus de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), le voyageur doit alors payer une amende de 50 à 100 francs.
Ignorance feinte
«Lorsque les voyageurs se font prendre, ils feignent souvent l’ignorance en prétendant n’avoir jamais entendu parler de la franchise-valeur», selon le spécialiste. Personne ne leur aurait dit qu’ils ne peuvent pas non plus faire des achats illimités au duty free.
«Malheureusement, l’ignorance ne protège pas d’une sanction», ajoute le chef d’engagement. De telles situations se produisent tous les jours. «Ils n’ont pas de mauvaises intentions. Ils ne sont simplement pas assez informés», relève-t-il. Sur place, les informations sont pourtant claires: des affiches signalent la franchise-valeur directement au passage de la douane.
Trop de viande
Pendant le contrôle, les collaborateurs examinent de plus près un couple arrivé d’Argentine via Madrid. «L’intuition laissait penser que le couple pourrait importer de la viande», explique le chef d’engagement. Mauvaise pioche: tout est en ordre, le couple n’a rien à déclarer.
L’été est la haute saison, le nombre de passagers en juillet était supérieur à celui de l’année précédente. Le travail des douaniers ne se distingue toutefois pas beaucoup de celui du reste de l’année. Il y a par exemple des familles qui apportent à leurs proches en Suisse des spécialités de leur pays d’origine: viande, fromage et huile d’olive.
Une famille venue d’Italie se fait précisément intercepter avec 6,8 kilos de viande dans ses bagages. C’est 3,8 kilos de trop. Elle doit payer un supplément de 166 francs.
Stimulants érectiles
Comme le montrent les communiqués de la police et de la douane, des voyageurs tentent aussi régulièrement de faire passer des marchandises illégales en Suisse. Il s’agit souvent de cigarettes, mais aussi de stimulants érectiles ou de médicaments, de drogues ainsi que d’armes prohibées. Des produits inhabituels comme de la viande de singe ou des produits issus d’animaux menacés d’extinction s’y trouvent aussi parfois.