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Un artisanat oublié qui a fait la richesse d’une région

Une passementière devant son métier à tisser à Rünenberg (BL) dans les années 1940
Une passementière devant son métier à tisser à Rünenberg (BL) dans les années 1940. Theodor Strübin, Rünenberg, Museum.BL

Bâle-Campagne fut un centre important de la rubanerie de soie. Une exposition à Liestal retrace le travail, la vie quotidienne et les changements de cette industrie.

Pendant des siècles, l’industrie du ruban de soie a profondément marqué le Bâle-Campagne, sur les plans économique, social et architectural. Cet artisanat aujourd’hui presque oublié a constitué, jusqu’au début du XXe siècle, la base de l’existence de nombreuses familles.

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«La rubanerie de soie a été, pendant de très nombreux siècles, une activité économique essentielle dans la région bâloise», explique Simone Ochsner, responsable du projet de l’exposition «Seidenband jetzt!» au Musée du Baselland, qui revient sur cette histoire.

Machine à rubans de soie, exposée au Musée Baselland à Liestal. Une témoin de l'époque se souvient : « Le métier à tisser devait tourner, peu importe que ce soit un homme ou une femme qui s'en occupe. »
Un métier à tisser, exposé au Musée Baselland à Liestal. Museum.BL

Car après la fermeture de la dernière fabrique de rubans du canton, Senn & Co. AG à Ziefen en 2001, une évidence s’est imposée: le savoir-faire lié à ce qu’on appelle la «passementerie à domicile», c’est-à-dire la fabrication de rubans de soie chez soi, risquait de disparaître.

Cette industrie avait pourtant une importance considérable dans ce canton alors largement rural. Au milieu du XIXe siècle, quelque 4500 métiers à tisser fonctionnaient dans l’actuel Bâle-Campagne. Pour de nombreuses familles, le tissage était une activité vitale.

La ville de Bâle comptait également des usines de rubans de soie. Voici une photo datant de 1924 de l'usine de rubans de soie De Bary et Cie. L'usine a fermé ses portes en 1960.
La ville de Bâle comptait également des usines de rubans de soie. Voici une photo datant de 1924 de l’usine De Bary et Cie. Elle a fermé ses portes en 1960. Staatsarchiv Basel-Stadt, StABS_PA_751_Q 22

«On avait peut-être un petit lopin de terre, une vache… et des enfants à nourrir», explique Simone Ochsner. Cela ne suffisait pas. Il fallait donc travailler au métier à tisser pour compléter les revenus: «La rémunération se faisait au mètre. Le métier à tisser devait tourner, peu importe que ce soit un homme ou une femme qui s’en occupe.»

Les souvenirs d’une témoin de l’époque originaire de la région du Haut-Bâle montrent à quel point cet artisanat était encore présent dans l’après-guerre. «Dans les années 1950, il y avait encore beaucoup de métiers à tisser dans notre village», raconte-t-elle.

L'industrie bâloise a profité de l'essor des rubans de soie provenant de la région de Bâle. Des entreprises telles que Ciba (sur la photo) fabriquaient des colorants pour la soie.
L’industrie bâloise a profité de l’essor des rubans de soie. Des entreprises telles que Ciba (sur la photo) fabriquaient des colorants pour la soie. Staatsarchiv Basel-Stadt, StABS, BSL 1060c 3/3/419

«Notre voisine en possédait un – et nous, enfants, aimions aller chez elle.» Ce sont surtout les rubans colorés qui les fascinaient. Ils avaient aussi le droit de donner un coup de main: pour bobiner ou surveiller la machine. «On ne gagnait pas d’argent. Peut-être un morceau de chocolat.»

Le quotidien des passementiers et passementières était éprouvant. «Les gens étaient souvent déjà au métier à tisser très tôt le matin», se souvient-elle. «À midi, on mangeait rapidement – parfois même sans cuisiner – puis on reprenait jusqu’au soir.» Avec les guerres mondiales, l’évolution des modes et la concurrence internationale croissante, cette industrie a progressivement disparu.

Du Bâle-Campagne vers le monde entier

L’exposition actuelle au Musée du Baselland illustre cette histoire de manière vivante, à travers des métiers à tisser historiques, des objets et des échantillons. Elle met aussi en lumière l’ampleur mondiale de cette activité: la soie brute venait d’Italie, de France ou d’Asie, tandis que les rubans finis étaient exportés depuis Bâle vers l’Europe, l’Amérique ou l’Inde.

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Cette activité est également étroitement liée à l’essor de l’industrie chimique et pharmaceutique bâloise, qui a fortement contribué à la prospérité de la ville: «Les teintures pour la soie ont été développées ici – c’est de là qu’ont ensuite émergé les teintureries puis l’industrie chimique», précise Simone Ochsner. Plus tard, ces entreprises locales se sont transformées en groupes pharmaceutiques mondiaux, comme Roche ou Novartis.

«Seidenband jetzt!» – transmettre une histoire aux générations futures

L’exposition à Liestal ne représente toutefois qu’une partie du travail de mémoire consacré à l’industrie du ruban de soie dans le Bâle-Campagne. Le canton souhaite rendre ce savoir accessible au grand public.

Margrith Mangold a grandi à Oltingen (BL) et se souvient du cliquetis des métiers à tisser dans son village et le quartier.
Margrith Mangold a grandi à Oltingen (BL) et se souvient du cliquetis des métiers à tisser dans son village. SRF/Martina Inglin

Avec le projet «Seidenband jetzt!», plusieurs musées locaux racontent des histoires issues du passé. «Il s’agit d’un patrimoine culturel unique, juste devant notre porte», souligne Simone Ochsner. Un héritage encore partiellement visible aujourd’hui – dans les bâtiments, les anciennes usines, et dans les souvenirs.

Traduit de l’allemand à l’aide d’un outil d’IA/dbu

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