Le signal de la matière noire pourrait avoir été détecté
(Keystone-ATS) Le signal d’une particule de matière noire pourrait avoir été détecté. Des chercheurs de l’EPFL ont identifié une émission atypique de photons dans les rayons X en provenance d’objets célestes. Si cette découverte se vérifie, «une nouvelle ère» s’ouvrirait en astronomie, indique jeudi la Haute Ecole.
Les chercheurs ont analysé les rayons X émis par deux objets célestes: l’amas de galaxies de Persée et la galaxie d’Andromède. Ils ont ainsi repéré une anomalie qui leur a mis la puce à l’oreille, même si une possibilité d’erreur ne peut pas être totalement exclue.
Le signal se manifeste par une émission faible et non-typique de photons qui ne peut être rattachée à aucune matière connue. De plus, «la distribution de ce signal au sein de la galaxie correspond précisément à celle où nous nous attendons à trouver la matière noire, de manière plus concentrée et intense au centre des objets, plus faible et diffuse sur les bords,» souligne Oleg Ruchayskiy, un des chercheurs cités dans le communiqué.
Pour vérifier l’hypothèse, «nous avons ensuite mené des prospections au sein même de notre galaxie, la Voie lactée, et avons fait les mêmes observations,», ajoute son collègue Alexey Boyarsky. La découverte des deux collaborateurs du Laboratoire de physique des particules et de cosmologie (LPPC) de l’EPFL à Lausanne sera publiée lundi dans «Physical Review Letters».
80% de l’univers
Le signal repéré serait dû à l’émission d’un photon résultant de la destruction d’une particule hypothétique, par exemple d’un neutrino stérile. Si ces avancées se confirment, «une nouvelle ère» s’ouvre pour l’astronomie, selon Oleg Ruchayskiy. Grâce à de nouveaux outils, les chercheurs devraient pouvoir comprendre de quoi la matière noire est faite.
Pour mémoire, les physiciens sont confrontés à un mystère lorsqu’ils étudient la dynamique des corps célestes. Leurs équations ne tiennent pas s’ils ne se basent que sur la matière visible. Les éléments observables n’expliquent pas la rotation des objets et les forces gravitationnelles.
Face à cette incompréhension, les physiciens ont déduit l’existence d’une matière invisible, qui n’interagit pas avec la lumière, mais dont la gravitation agit sur l’ensemble. Ils l’ont appelée matière noire et pensent qu’elle constituerait au moins 80% de l’univers.