Le Washington Post sommé de réembaucher une éditorialiste licenciée
Le Washington Post a été sommé lundi de réintégrer une éditorialiste renvoyée pour des messages sur les réseaux sociaux en réaction au meurtre de l'influenceur ultraconservateur Charlie Kirk, au terme d'une procédure d'arbitrage.
(Keystone-ATS) Ce soutien de Donald Trump avait été tué le 10 septembre d’une balle dans le cou lors d’un débat sur un campus universitaire de l’Utah (ouest), provoquant un séisme politique aux Etats-Unis et des menaces de répression contre la «gauche radicale» de la part du président.
La journaliste Karen Attiah, éditorialiste au Washington Post et enseignante à Columbia, avait alors écrit sur les réseaux sociaux qu’elle ne ferait pas semblant d’être attristée par son assassinat. Elle avait relayé des propos racistes tenus par le passé par l’influenceur à l’encontre des femmes noires.
Elle a ensuite été licenciée, le Washington Post l’accusant de «faute grave» et d’avoir enfreint sa politique relative aux réseaux sociaux, selon le journal. Un arbitre a ordonné lundi au Post de réintégrer Mme Attiah et de lui verser ses arriérés de salaire, estimant que le journal n’avait «pas de motif valable et suffisant» pour son licenciement.
«La vérité»
La journaliste a écrit sur X qu’elle était «satisfaite» de la décision, affirmant avoir été contrainte de partir pour avoir «dit la vérité». De son côté, le Washington Post a déclaré respecter la procédure d’arbitrage, mais s’est refusé à tout autre commentaire.
Mme Attiah, qui travaille pour le journal depuis onze ans, avait souligné qu’elle était la «dernière chroniqueuse noire à temps plein du Washington Post» au moment de son licenciement.
Dans ses publications concernant M. Kirk, elle avait relayé ses propos racistes selon lesquels les femmes noires manqueraient de «capacité de traitement cérébral» et auraient donc besoin de l’aide de programmes en faveur de la diversité.
Plusieurs autres de ses messages critiquaient la manière dont l’administration Trump présentait l’influenceur comme un martyr de la cause conservatrice.
Propriétaire du Washington Post depuis 2013, le milliardaire Jeff Bezos s’est rapproché de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025. En février dernier, le journal avait annoncé le départ de son directeur général et directeur de la publication Will Lewis, quelques jours après un vaste plan de suppressions d’emplois qui avait ébranlé ce prestigieux quotidien.