Les Etats veulent une armée à 100’000 soldats et 22 nouveaux avions
(Keystone-ATS) Un effectif de 100’000 militaires et, rapidement, 22 nouveaux avions de combat: le Conseil des Etats a fixé mercredi la marche à suivre pour l’avenir de l’armée. Mais il a renoncé à fixer un budget à cette dernière. Le National doit désormais se prononcer.
Selon le mandat adopté, l’armée devra assurer une défense classique, appuyer les autorités civiles avec le gros de ses forces et pouvoir engager 1000 soldats pour l’aide humanitaire et la promotion de la paix. La part de militaires en service long ne devrait pas dépasser 15% d’une volée de recrues.
La solution retenue n’est pas sans déplaire au ministre de la défense Ueli Maurer. Si celui-ci a défendu la position du Conseil fédéral, il a précisé qu’il s’agissait d’une variante d’austérité et que des suppressions de sites et d’emplois seraient nécessaires.
Pas de facture
Ses services ont chiffré les coûts d’une armée de 100’000 hommes à 5,1 milliards de francs par an (soit environ un milliard de plus qu’actuellement). Mais le Conseil des Etats a décidé, par 26 voix contre 10, de biffer ce montant. Le financement doit permettre de respecter les valeurs de référence fixées dans le mandat au Conseil fédéral, s’est-il contenté d’indiquer.
Selon plusieurs orateurs, la facture ne devrait pas forcément augmenter. Ces assurances qui n’ont pas convaincu la gauche, qui a dénoncé un «chèque en blanc» et une «course à la dépense».
Achat d’avions
Contrairement au budget militaire, le Conseil des Etats a articulé des chiffres précis concernant l’achat de nouveaux avions de combat destinés à remplacer les Tigers: 22 engins pour un plafond fixé à 5 milliards de francs.
Comme le National, la Chambre des cantons souhaite que le gouvernement presse le pas et que l’achat puisse avoir lieu entre 2012 et 2015. Mais plutôt qu’une hausse du plafond des dépenses, elle réclame un financement spécial (fonds, vente d’immobilier).
Dans la foulée, le Conseil des Etats souhaite que le Conseil fédéral libère jusqu’à 1,2 milliard pour combler les lacunes existantes en matière d’équipement militaire.