Les oiseaux nicheurs luttent eux aussi contre la sécheresse
(Keystone-ATS) La chaleur et la sécheresse exceptionnelles de ce printemps ont de graves incidences sur la reproduction des oiseaux. Bon nombre d’espèces souffrent de pertes en cours de reproduction ou même de difficultés à construire leur nid.
Le niveau de certains lacs est plus bas que jamais en mai: pour les oiseaux aquatiques comme le grèbe huppé ou la foulque macroule, cela signifie qu’ils ne peuvent même pas commencer à nidifier. Beaucoup de bordures de roseaux sont à sec et aucun oiseau ne peut se reproduire sur le lac, écrit jeudi la Station ornithologique de Sempach (LU).
En de nombreux endroits, le sol présente des fissures et les vers de terre se sont réfugiés dans les profondeurs. Pour les merles, les étourneaux sansonnets et les grives litornes, ces vers sont en général disponibles en abondance au mois de mai. Cette année, beaucoup de jeunes pourraient souffrir d’une pénurie.
Bourgeonnement précoce
De nombreuses espèces forestières sont également en difficulté, comme les mésanges, les sittelles ou les gobemouches noirs. Chez elles, le calendrier est capital, car les chenilles bien grasses apparaissent en général juste après le bourgeonnement des feuilles.
Cette année, le feuillage a poussé à une telle vitesse que les oiseaux de la forêt n’ont pas réussi à suivre le rythme. La saison des chenilles était déjà terminée quand les oeufs ont éclos.
La fenaison extrêmement précoce a aussi porté un préjudice plus grave que d’habitude aux oiseaux nichant au sols, comme l’alouette des champs, le pipit des arbres ou le tarier des prés. Même en montagne, ils n’ont guère pu élever leurs petits, car la fauche est intervenue à peine le nid construit.
Les hirondelles se heurtent à une autre difficulté. Elles construisent leurs nids avec de la terre, des brins d’herbe et de la salive. En général, elles trouvent la terre glaise dans les flaques. Or celles-ci sont asséchées depuis longtemps et il leur est pratiquement impossible de construire un nid.