Musée des Beaux-Arts à Berne: honneur à Ernest Biéler
(Keystone-ATS) Une rétrospective sur Ernest Biéler illumine le musée des Beaux-Arts de Berne cet été. Plus de 120 oeuvres illustrent les périodes de création de cet artiste célèbre pour son regard impressionniste sur la vie rurale valaisanne ou ses toiles marquées par l’Art nouveau.
Ses portraits de Valaisans et autres scènes de la vie paysanne du Vieux-Pays font parfois oublier qu’Ernest Biéler a laissé une oeuvre d’une grande diversité et de grande qualité, ont rappelé les responsables du musée mercredi. Ce protagoniste de l’Art nouveau en Suisse a signé des fresques, des mosaïques, des vitraux -notamment au Palais fédéral- voire du mobilier.
L’exposition qui en témoigne est accessible dès vendredi et jusqu’au 13 novembre. Elle présente pour la première fois des pièces issues de collections privées. Fruit d’une coopération avec la Fondation Gianadda de Martigny (VS), elle s’inscrit dans la série d’expositions des grands peintres suisses du musée des Beaux-Arts de Berne.
L’école de Savièse
Né à Rolle (VD) en 1863, Ernest Biéler a étudié à Lausanne puis à Paris. A court de ressources financières, il rentre en Suisse en 1892 et s’installe à Genève. Il séjourne ensuite régulièrement à Paris, puis choisit de vivre à Savièse (VS) et Rivaz (VD).
Dans le village valaisan, il rejoint d’autres peintres, dont Raphaël Ritz et Edouard Vallet, pour ce qui sera appelé «L’Ecole de Savièse». Ces artistes développent un style graphique et très décoratif. Ils réalisent des paysages et des portraits témoignant de la vie rurale encore épargnée par la civilisation moderne.
Ernest Biéler était une personnalité extraordinaire, écrit le musée. Il est resté un outsider sa vie durant. En Valais, il vivait dans un certain isolement. Salué comme «Monsieur le peintre» et qualifié de dandy, il ne faisait pas vraiment partie de la communauté du village.
Il était de ces artistes s’adaptant stratégiquement aux besoins de divers collectionneurs. A Paris, il a tenu compte des sujets alors en vogue ainsi que de l’avant-garde que représentait un Edouard Manet.