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Plus de 325’000 réfugiés du feu en France et Espagne

Keystone-SDA

Les pompiers français et espagnols tentent toujours dimanche de contenir de gigantesques incendies qui ont forcé plus de 325'000 personnes à fuir. Les flammes sont à 15 km de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France.

(Keystone-ATS) L’incendie massif en Gironde, sur la côte atlantique française, a rapidement progressé dans la nuit et a parcouru à ce jour 42’000 hectares (soit quatre fois la superficie de Paris). Il brûle désormais «à 15 kilomètres» de la métropole bordelaise, mais une évacuation de Bordeaux n’est «pas à l’ordre du jour», a réaffirmé son maire Thomas Cazenave.

Dans la région bordelaise, réputée dans le monde entier pour son vignoble, il est «très probable» qu’il s’agisse de l’opération d’évacuation de civils la plus importante jamais menée en France, hors conflit, selon le gouvernement. Le feu figure déjà parmi les plus importants répertoriés en France depuis la Seconde Guerre mondiale.

De nouvelles évacuations nocturnes ont été ordonnées dans plusieurs communes de cette métropole de plus de 850’000 habitants.

Aurore Vigreux, avocate de 38 ans, a été évacuée dans la nuit avec sa fille et plusieurs animaux: «Ce n’est même pas que j’ai peur, je suis consternée de voir qu’en fait le feu progresse et qu’il n’y a rien qui donne de l’espoir. Tu as encore des vents, ils annoncent une canicule sur la semaine à venir donc ça va être encore pire».

Sur les quais de Bordeaux, une fumée orangée obscurcissait le ciel au lever du jour, avec une forte odeur de brûlé dans les rues.

A Cestas, commune de 17’000 habitants près de la cité bordelaise, «la ville est heureusement déserte (…) Nous avons quelques personnes qui n’ont pas voulu évacuer leur maison. Nous avons tenu un listing bien évidemment», a déclaré sur BFMTV le maire Jérôme Steffe.

«Ce feu est imprévisible et à chaque fois qu’on croit avoir remporté une bataille, malheureusement il nous surprend de la pire des façons qui soit. Et donc malheureusement, aucune date de retour aujourd’hui ne peut être annoncée», a-t-il ajouté. «Aujourd’hui, il est impossible de dire où s’arrêtera le feu.»

Des pompiers suisses mobilisés

Trente-quatre sapeurs-pompiers romands sont partis samedi de Genève en direction de Bordeaux et sont arrivés dans la soirée. Ils ont été directement engagés dans la commune de Cestas, a indiqué à Keystone-ATS dimanche Nicolas Millot, porte-parole du Groupement Service d’incendie et de secours (GSIS) de Genève.

Le GSIS de Genève a proposé vendredi son aide aux autorités françaises. L’effectif comprend ainsi 23 pompiers du GSIS Genève (dont un ambulancier et un mécanicien), huit Vaudois et deux Neuchâtelois, auxquels s’ajoute un pompier de Haute-Savoie. Le convoi est parti samedi à midi avec onze engins au total, dont six engins d’extinction et cinq véhicules légers et logistiques.

Situation «très défavorable»

L’incendie qui a embrasé les pourtours du très touristique bassin d’Arcachon menace désormais les abords de la métropole de Bordeaux. Quelque 220’000 personnes ont été évacuées depuis mercredi.

Dans le département voisin des Landes, où le feu est «mieux contenu mais pas fixé» il y a déjà eu 30’000 évacuations. «La situation demeure très défavorable» sur le front des incendies en Gironde, mais aussi dans les Landes et le Var (sud-est), a affirmé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur X.

«En début de nuit, en Gironde, le feu est redevenu extrêmement virulent, imprévisible, créant son propre vent et évoluant de manière erratique vers l’agglomération bordelaise», a détaillé le ministre,

L’armée a été appelée en renfort avec un total de 1500 militaires mobilisés à partir de samedi soir.

L’incendie dans le Var a de son côté progressé pour parcourir 4500 hectares au total, malgré la mobilisation des pompiers qui craignent «un risque élevé de réactivation du feu» en raison du vent. Quelque 2000 personnes ont été évacuées.

Les forêts s’enflamment d’autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, phénomène accentué par les canicules exceptionnelles qui ont traversé le continent en juin et en juillet et fait évaporer davantage d’eau.

«Heures difficiles» en Espagne

De terribles incendies font également rage en Espagne, où le Premier ministre, Pedro Sanchez, a déclaré que les pompiers s’efforçaient de sauver des vies.

Il a affirmé dimanche que des «heures difficiles» étaient à venir, mais a noté des évolutions positives dans la nuit dans la maîtrise des feux autour de Madrid. Il faut un «grand pacte d’Etat face à l’urgence climatique», a-t-il martelé.

Une personne a par ailleurs péri dans un feu samedi près de Valence dans l’est de l’Espagne, où 15.000 personnes ont été évacuées dimanche pour un autre incendie.

«La nuit a été très intense», a écrit sur X Pilar Bernabé, déléguée du gouvernement central à Valence. «Les conditions météorologiques devraient se détériorer au fil de la journée, on profite donc de ces heures pour lutter contre les flammes».

Selon les autorités, environ 60’000 personnes évacuées dans la région de Madrid, confrontée au «pire» feu de son histoire. Avec les 15’000 évacuations dans la région de Valence, un total de 75.000 personnes ont donc quitté leur habitation ou lieu de vacances en Espagne.

Les flammes déchaînées ont ravagé jusqu’à 25’000 hectares à l’ouest de la capitale espagnole.

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