Deux Romands à la tête du Parlement
Coup d'envoi de la session d'hiver des Chambres. Liliane Maury Pasquier a été élue à la présidence du National. Anton Cottier prendra la tête des Etats.
La socialiste genevoise Liliane Maury Pasquier est devenue lundi la première femme romande à présider le Conseil national. Elue par 151 voix sur 167, la sage-femme indépendante, qui fêtera ses 45 ans le 16 décembre, succède au démocrate-chrétien zougois Peter Hess.
La fonction de président de l’Assemblée fédérale est souvent le couronnement d’une longue carrière parlementaire. Tel n’est pas le cas de Liliane Maury Pasquier, élue conseillère nationale en 1995 seulement. Cette mère de quatre enfants a toujours manifesté une prédilection pour les questions familiales et sociales.
Voilà qui la rapproche d’Anton Cottier, PDC fribourgeois et, à 58 ans, vieux routier de la vie parlementaire, élu de son côté à la présidence de la Chambre des cantons, en remplacement de la radicale genevoise Françoise Saudan.
Un pouvoir relatif
Pas plus que la présidence du Conseil national, celle du Conseil des Etats ne confère aucun pouvoir particulier à son titulaire. Ce dernier n’infléchit les décisions que dans les cas, rarissimes, d’égalité absolue dans l’hémicycle.
Par contre le ou la présidente peut jouer un rôle dans la gestion de l’agenda des débats. Ainsi, par deux fois le Conseil national a refusé la proposition socialiste d’aborder la question des sans papiers qui mobilise la gauche. Il y a donc fort à parier que Liliane Maury Pasquier, contrairement à son prédécesseur bourgeois, reviendra à la charge pour tenter de convaincre ses pairs d’ouvrir le dossier.
La présidence de l’Assemblée fédérale pourrait également servir de tremplin politique à Liliane Maury Pasquier, alors que la succession de Ruth Dreifuss se profile à l’horizon politique.
2002, année sociale
Quant à Anton Cottier, avocat de son état, il aura l’occasion de concrétiser son intérêt pour les causes sociales. En 2002, en effet, les Chambres devront se déterminer à propos de la 11e révision de l’AVS, de l’assurance maternité, de l’interruption volontaire de grossesse, voire des suites sociales de l’affaire Swissair.
Le Fribourgeois bilingue aura donc largement l’occasion de manifester son souci de préserver la cohésion nationale et d’utiliser l’autorité morale qu’il s’est forgée durant près de seize ans passés sous la coupole fédérale.
Anton Cottier, qui a également présidé le PDC de 1994 à 1997, se montre toujours très motivé pour la suite de son engagement politique, il veut contribuer à l’ouverture de la Suisse.
Isabelle Eichenberger
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