La politique ne se conjugue toujours pas au féminin
Après trente ans de suffrage féminin, l'égalité politique n'est pas encore une réalité. Dans les cantons aussi bien qu'au niveau fédéral, les femmes ne représentent qu'environ 25% des parlementaires.
Les femmes ont dû faire preuve de persévérance avant d’accéder au statut de citoyennes. Elles ont finalement obtenu le droit de vote au niveau fédéral, le 7 février 1971, soit plus d’un siècle après l’avoir demandé pour la première fois, en 1872, à l’occasion de la révision de la Constitution.
Depuis, le nombre de députées a été multiplié par cinq. Mais les femmes ne crient pas pour autant victoire.
Elles restent en effet sous-représentées dans le monde politique, où seul un parlementaire sur quatre est une femme. Et surtout, signe inquiétant pour les féministes, le nombre de candidates est en diminution.
Selon Carla Simoneschi, présidente de la Commission fédérale pour les questions féminines, ce manque de participation est dû à un mauvais partage du travail domestique. A la maison, les femmes travaillent en effet toujours plus que les hommes.
Entre enfants, ménage et un éventuel travail, les femmes auraient donc simplement moins de temps à consacrer à l’action politique. Autre difficulté: en politique, les références professionnelles sont importantes. Or, du fait qu’elles travaillent souvent à temps réduit, les femmes grimpent rarement dans la hiérarchie.
Souvent moins représentées dans les associations professionnelles ou dans les médias, les femmes ne sont finalement pas connues.
Carla Simoneschi parle de «cercle vicieux». Selon la conseillère nationale tessinoise, des politiques en faveur des familles et des femmes seraient nécessaires pour augmenter la participation féminine à la politique.
Or, et c’est là où le bât blesse, ce sont précisément les femmes qui, souvent, mettent en œuvre de telles politiques sociales.
Malgré tout, plusieurs mesures pourraient être prises pour parvenir à une plus grande égalité en politique. Ainsi, les partis et les médias pourraient, par exemple, mettre davantage en évidence les candidates.
A ce propos, l’échec essuyé par l’ancienne présidente du Parti radical valaisan, Cilette Cretton, est exemplaire. La section cantonale de son parti a décidé samedi dernier de ne présenter qu’un seul candidat au Conseil d’Etat, Claude Roch.
Ecartée, Cilette Cretton se présentera sur une liste indépendante. «Nous sommes l’un des rares cantons suisses qui n’a toujours pas eu de femme dans son gouvernement, souligne la candidate. Je pense qu’il est temps d’en élire une.»
Et cette radicale de poursuivre que, en Valais, les élections importantes sont fermées aux femmes. «Les assemblées de parti sont très masculines et donc peu représentatives de la population, conclut-elle. Du coup, les femmes ont eu le temps de se décourager.»
Caroline Zuercher
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