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Langues à l’école: le choix des députés divise les Romands

Le Conseil national a donné, jeudi, la priorité à l'enseignement de la deuxième langue nationale. Il suit ainsi l'opinion des cantons romands. Pour autant, tous ne s'en réjouissent pas: les parlementaires sont en effet intervenus dans la sphère de compétence cantonale.

«Ce vote est un bon signe politique. Il marque la volonté du Parlement de prendre en compte la cohésion nationale, à-travers l’apprentissage des langues», se réjouit le patron des écoles valaisannes, Serge Sierro.

Ce principe est cher aux cantons romands. Ils se sont battus contre la décision zurichoise de donner la priorité à l’enseignement de l’anglais. Mais ils n’ont pas réussi à convaincre la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP).

En effet, directeurs cantonaux romands et alémaniques n’ont pas trouvé d’accord. En novembre dernier, ils ont engagé une vaste consultation nationale. Et annoncé leur intention de prendre une décision en juin prochain.

Mais le Parlement les prend de cours, en intervenant du même coup dans leur sphère de compétence. Ce qui inquiète la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) dans son ensemble.

Le Conseil national propose en effet d’inscrire la priorité de l’enseignement de la deuxième langue nationale dans la constitution. Ce qui ne se fera pas sans passer par une votation populaire.

Or, selon la CDIP, une telle consultation va mener à un débat superficiel, opposant l’anglais aux langues nationales. Une discussion qui doit être évitée, dans l’intérêt de la cohésion nationale.

Vice-présidente de cette Conférence et cheffe de l’école genevoise, Martine Brunschwig Graf rappelle, un brin amer, que les parlementaires ne seraient pas intervenus si les responsables cantonaux de l’Instruction publique avaient défendu une position rigoureuse.

«Cette question est partiellement cantonale, relativise pour sa part Serge Sierro. Déjà aujourd’hui, l’article 70 de la constitution met en exergue le problème des langues, de la cohésion nationale, et de l’apprentissage des langues minoritaires.»

Plus encore que les Romands, les partisans de l’anglais sont les grands perdants de la journée de jeudi. Responsable zurichois de l’Instruction publique, Ernst Buschor se dit convaincu qu’en cas de votation, les Suisses choisiront l’anglais.

Mais l’homme qui a mis le feu aux poudres rappelle également que le Conseil des Etats ne s’est pas encore prononcé. Bref, rien n’est encore joué.

Caroline Zuercher

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