Ambassadeur de Suisse… à Genève, un défi
Depuis quelques semaines, l'ambassadeur Jean-Marc Boulgaris assume la direction de la Mission suisse à Genève.
Rencontre avec le premier diplomate à qui échoit le rôle de représenter la Suisse, nouvel État membre, auprès du siège européen de l’ONU.
Jean-Marc Boulgaris est un «Lémanique». Naissance à Montreux, citoyenneté genevoise, études universitaires à Lausanne. A Genève et à ce bout de lac qu’il redécouvre avec bonheur, il se sent chez lui.
«J’y suis revenu avec joie, car j’y avais déjà été en poste au début des années 70. J’ai retrouvé une ville dont je suis d’ailleurs bourgeois mais où je n’avais pas beaucoup vécu jusqu’à présent, vu ma vie nomade.»
A la fin de l’été et après avoir quitté l’ambassade de Suisse au Danemark qu’il dirigeait depuis quatre ans, Jean-Marc Boulgaris a succédé à l’ambassadeur François Nordmann à la tête de la Mission diplomatique suisse à Genève.
«Doublé historique»
Son arrivée ne passe pas inaperçue au Palais des Nations. Le 2 septembre, il présente ses lettres de créance au directeur de l’Office européen des Nations Unies Sergei Ordzhonikidze.
Mais, et c’est assez unique dans les annales diplomatiques, il retourne le voir dix jours plus tard pour une nouvelle accréditation. C’est qu’entre temps, à l’ONU, la Suisse a passé du statut d’observateur à celui d’État membre.
Concrètement, la tâche du premier représentant permanent de la Suisse auprès de l’ONU et des organisations internationales à Genève, ne devrait toutefois pas être très différente de celle des précédents chefs de la Mission.
Et même si cela devait être un jour le cas, Jean-Marc Boulgaris n’aurait aucune raison de s’en faire trop de soucis. Il connaît la maison. Il a travaillé plusieurs années à la Mission d’observation de la Suisse à New York.
Du bilatéral au multilatéral
Ce qui semble davantage passionner le diplomate, ce qu’il considère même comme une sorte de défi, c’est son passage de Copenhague à Genève, c’est-à-dire d’un poste bilatéral à un siège multilatéral.
«Ma nouvelle tâche est tout à fait attrayante. Elle exige une capacité de traiter des sujets extrêmement variés dans la même journée, alors que, dans un poste plus traditionnel on peut se consacrer de manière plus constante à certains dossiers.»
«Ici, à Genève, je suis amené à passer rapidement par exemple de dossiers sur la santé à d’autres sur les droits de l’homme. Sans une équipe importante autour de moi, je serais incapable de faire cette gymnastique intellectuelle.»
Généraliste et spécialiste
Pourtant, le généraliste cultive aussi sa spécialité. Pendant cinq ans, à Paris, Jean-Marc Boulgaris a fait partie du collège des commissaires aux comptes de l’OCDE. «J’y ai acquis une expérience sur la manière de contrôler la gestion des organisations internationales.»
Cela lui sera-t-il vraiment utile à Genève? «Certainement. Savoir lire un budget et savoir contrôler comment il est utilisé permet d’influencer le travail d’une organisation.»
Ne craint-il pas cependant qu’au fil du temps la Genève internationale ne perde de son aura face à la concurrence évidente d’autres villes? Au contraire, répond le diplomate sans aucune hésitation.
«Le problème est plutôt de savoir où loger tous ceux qui veulent y venir. La force d’attraction de Genève reste énorme, elle n’a à craindre la concurrence de personne. Elle reste une oasis de paix, y vivre est un plaisir.»
swissinfo/Bernard Weissbrodt
La Suisse est représentée à Genève par deux Missions permanentes
L’une auprès de l’ONU et des organisations internationales
L’autre auprès de l’OMC et de l’AELE
La «Mission suisse» compte 38 collaborateurs
Sa division «État hôte» gère le statut de quelque 33 000 internationaux
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