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Kaspar Villiger, un homme très terre-à-terre

Le nouveau président Kaspar Villiger (à d.) et le vice-président, Pascal Couchepin. Keystone

L'Assemblée fédérale a élu mercredi Kaspar Villiger à la présidence de la Confédération pour 2002. Il succède à Moritz Leuenberger.

L’élection du président de la Confédération est une formalité, puisque le poste est occupé à tour de rôle par les sept membres du gouvernement. Le résultat du vote constitue cependant une sorte de test de popularité.

Une marque d’estime et de respect

En obtenant 183 voix sur 203 bulletins valides, Kaspar Villiger a réalisé un score appréciable. Ce résultat peut être vu comme une marque d’estime et de respect pour ce radical lucernois de 60 ans.

Kaspar Villiger est le plus ancien membre de l’actuel gouvernement. Il a été élu à la fonction suprême en 1989. Il a d’abord été ministre de la Défense avant de reprendre, en 1995, le Département des finances. Il a par ailleurs déjà assumé le rôle de président de la Confédération; c’était en 1995.

D’aucuns pensent que cette nouvelle année présidentielle va constituer le point d’orgue de la carrière politique de Kaspar Villiger. Il est en effet fort probable qu’il démissionne du gouvernement avant les prochaines élections fédérales de 2003.

Populaire mais pas charismatique

Kaspar Villiger jouit d’une grande popularité tant au Parlement qu’auprès de la population. Il est considéré comme aimable, travailleur et homme de compromis. Toutefois, des critiques le dépeignent comme l’archétype du politicien suisse: aussi gris que ses costumes.

«Je le vois comme une personne très aimable, très terre-à-terre. Il pourrait être votre voisin», déclare la conseillère nationale Dorle Vallender (PRD/AR).

Une autre conseillère nationale, Lucrezia Meier-Schatz (PDC/SG) met en exergue le pragmatisme et le manque de charisme du grand argentier. «Kaspar Villiger est un politicien sérieux; un homme qui ne montre pas ses émotions et qui est un peu coincé sur ses chiffres», déclare-t-elle.

Issu d’une dynastie de fabricants de cigares, Kaspar Villiger a d’abord été un entrepreneur. Il n’est entré en politique que dans les années 70.

«Dans un sens, il représente encore les entreprises moyennes et entretient des contacts étroits avec les milieux bancaires», juge le conseiller national Rudolf Strahm (PS/BE).

Changement de cap

Le conseiller national Luzi Stamm (UDC/AG) juge sévèrement le nouveau président de la Confédération. Pour lui, Kaspar Villiger est devenu de moins en moins efficace au cours de ses douze ans passés au gouvernement.

Il considère notamment que le grand argentier est un ministre des Finances trop mou, incapable de maîtriser les dépenses publiques.

Correspondant parlementaire pour le quotidien Der Bund, Johann Aeschlimann considère pour sa part que Kaspar Villiger a changé de cap avec sa décision de renflouer la compagnie aérienne nationale.

«Kaspar Villiger a commencé sa carrière en tant que politicien néo-libéral. Mais il la termine en permettant la plus massive intervention de l’Etat dans l’économie depuis 20 ans», déclare le journaliste.

En dépit des critiques, la majorité des politiciens et des analystes estiment toutefois que Kaspar Villiger sera un bon président.

Un rôle avant tout honorifique

La présidence représente un poste honorifique limité à un an. Le président de la Confédération ne jouit pas de pouvoirs particuliers et conserve son portefeuille habituel durant cette période.

Récemment, la perception du rôle du président semble cependant avoir changé. Beaucoup de personnes attendent de lui qu’il agisse comme «tête de l’Etat» et qu’il soit capable d’exprimer les sentiments et les inquiétudes du citoyen ordinaire lors de crises nationales.

Kaspar Villiger est considéré comme une personne convaincante et très bien entourée. «Parmi les conseillers fédéraux, il est celui qui sait le mieux manier les mots, estime Johann Aeschlimann. C’est pourquoi je suis convaincu que la présidence se trouvera en de bonnes mains.»

Couchepin en demi-teinte

Un autre radical, un Valaisan cette fois, sera le vice-président. Agé de 59 ans, Pascal Couchepin accède pour la première fois à ce poste.

Le ministre de l’Economie a obtenu un résultat relativement faible lors de son élection, avec 144 voix sur 178 bulletins valables. C’est moins que Kaspar Villiger l’an dernier (177) et Moritz Leuenberger en 1999 (145).

Urs Geiser

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