L’UDC reste farouchement opposée à l’adhésion à l’ONU
Ignorant le plaidoyer de Samuel Schmid, une majorité écrasante du parti a rejeté l'initiative qui sera soumise au peuple le 3 mars prochain.
L’Union démocratique du centre (UDC ne veut pas d’une adhésion de la Suisse à l’ONU. Ses délégués l’ont clairement réaffirmé samedi à Lucerne, balayant par 389 voix contre 44 l’initiative qui sera soumise au peuple le 3 mars prochain. Le conseiller fédéral Samuel Schmid, qui avait plaidé pour le oui, n’a pas été entendu.
En ouvrant cette assemblée extraordinaire de l’UDC, son président Ueli Maurer avait déjà laissé présager l’issue du vote. La non-adhésion figure au programme du parti depuis des années et représente une promesse politique, a-t-il rappelé. Fustigeant les appels à l’adhésion, qui trahissent selon lui un manque de confiance en soi, Ueli Maurer a ajouté que la Suisse était la plus forte en étant indépendante tant de l’ONU que de l’Union européenne et de l’OTAN.
Samuel Schmid entendu mais pas écouté
Les délégués ont néanmoins entendu le conseiller fédéral Samuel Schmid rappeler les arguments du gouvernement en faveur de l’adhésion à l’ONU, à savoir que elle-ci était dans l’intérêt de la Suisse et que cette dernière garderait sa liberté d’action.
Le chef du Département fédéral de la défense a notamment réfuté l’argument avancé par Christoph Blocher selon lequel la Suisse, en adhérant, s’engagerait à participer à d’éventuelles sanctions militaires. Celui qui se fait l’auteur d’une telle affirmation n’a pas lu l’article 43 de la charte de l’ONU et ne connaît pas la pratique des Nations Unies, a-t-il expliqué, ajoutant que la neutralité helvétique ne serait pas remise en question.
«Il n’y a aucune obligation pour un membre neutre d’envoyer des troupes participer à des missions militaires», a renchéri la conseillère nationale grisonne Brigitta Gadient, au nom des partisans de l’adhésion.
Préserver la neutralité
A l’inverse, le conseiller aux Etats schaffhousois Rico Wenger a souligné que la déclaration du Conseil fédéral selon laquelle la Suisse garderait sa neutralité n’engageait nullement l’ONU.
Pour conserver sa position de pays neutre et indépendant, respecté par la communauté des nations, la Suisse doit poursuivre sa collaboration en dehors des luttes d’influence de l’assemblée plénière et du Conseil de sécurité, «tous deux dominés par les grandes puissances». Rappelant l’échec de la votation populaire de 1986, il a estimé que rien n’avait changé depuis, «si ce n’est qu’aujourd’hui le coût supplémentaire d’une adhésion pleine et entière se monterait à 75 millions de francs par an».
Ce sont ces arguments qui l’ont emporté, les délégués décidant par 389 voix contre 44 de recommander le rejet de l’initiative.
swissinfo avec les agences
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