La Suisse, bonne élève de la lutte contre les mines antipersonnel
Le président de la Confédération Adolf Ogi a ouvert lundi à Genève la 2e conférence des Etats parties au traité d'Ottawa interdisant les mines antipersonnel. Un fléau contre lequel la Suisse joue un rôle essentiel.
«On peut considérer la Suisse comme un bon élève de la lutte contre les mines antipersonnel», estime Michel Diot, président de la Fédération suisse de déminage, une ONG active dans le terrain.
Michel Diot rappelle que la Suisse n’avait guère d’expérience en matière de mines, lorsqu’elle a signé en 1997 le traité d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel. «A cette époque, rappelle-t-il, l’armée suisse a même découvert qu’elle n’avait aucun démineur dans les rangs de ses spécialistes en explosifs».
Depuis lors, la Suisse s’est bien rattrapée. Sa contribution la plus précieuse à la lutte contre les mines est fournie par le Centre international de déminage humanitaire basé à Genève et créé en 1997. Financé à 60 pour cent environ par la Confédération, ce centre est devenu un maillon essentiel dans le dispositif international de déminage orchestré par l’ONU.
Il profite en outre de l’arrivée de l’ancien patron du CICR dans son conseil de fondation. Cornelio Sommaruga (dont le carnet d’adresses est très fourni) est en effet devenu l’un des meilleurs ambassadeurs du centre.
L’action du centre va dans trois directions, comme le précise Robert Diethelm, l’un de ses responsables. En premier lieu, ses experts tentent d’harmoniser les standards et les procédures de lutte. Cette harmonisation permet d’améliorer les campagnes sur le terrain et rend leur étude plus aisée.
Le centre fournit ainsi des expertises permettant de déterminer les zones à décontaminer en priorité, en tenant compte non seulement des mines déposées mais également de l’impact réel de ces champs de mines sur la population.
Les instruments de lutte sont également passés au crible. Par exemple, le centre évalue actuellement la fiabilité des chiens dans le repérage des zones contaminées.
En deuxième lieu, le centre assiste l’ONU dans les situations d’urgence. Comme ce fut le cas au Kosovo et actuellement dans la Corne de l’Afrique, ses experts mettent en place les premiers éléments du programme de déminage avant que l’ONU ne prenne le relais de l’opération.
Enfin, c’est au Centre international de déminage qu’incombe le suivi de la Conférence d’Ottawa.
Mais le centre genevois n’est pas le seul engagement fourni par la Suisse. Berne consacre, en effet, quelque 12 millions de francs par année à cette lutte. Ce budget géré par les Affaires étrangères permet de financer des opérations de déminage, des programmes d’aide aux victimes, l’envoi d’experts ainsi que la fourniture de matériel.
La fabrique suisse de munitions de la Confédération a ainsi mis au point une charge creuse miniaturisée qui permet de faire sauter à distance tous les types de mines. Quant aux Ecoles polytechniques fédérales de Lausanne et de Zurich, elles ont également dans leurs cartables des projets d’engins de déminages.
Frédéric Burnand
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