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Le oui des Suisses à l’ONU se dessine

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57% des personnes interrogées dans un sondage commandé par la radio et la TV suisses romandes voteraient pour l'adhésion de la Suisse à l'ONU.

A moins de trois mois du vote populaire qui doit une fois encore décider de l’entrée ou non de la Suisse aux Nations Unies, et alors que la campagne n’a pas encore véritablement pris son envol, ce coup de projecteur permet un nouvel état des lieux.

Dans le sondage réalisé du 17 au 19 décembre 2001 par l’Institut MIS Trend à Lausanne pour le compte de la radio et de la télévision suisses romandes, il apparaît que 57,2% des 1017 personnes interrogées voteraient pour l’adhésion de la Suisse à l’ONU, 29,7% contre, et 11,6% hésitent encore.

L’échantillon concernait 504 personnes de Suisse romande et 513 de Suisse alémanique, âgées de 18 à 74 ans et représentatives de la population. Les résultats ont été pondérés pour redonner à chaque région linguistique son poids démographique réel. D’où il ressort que les Romands (65,5% de oui) sont plus favorables à l’adhésion que les Alémaniques (54,6%)

Solidarité, neutralité

Les questions posées portaient non seulement sur les intentions de vote, mais aussi sur les connaissances que les citoyens et citoyennes suisses ont du dossier ONU, et de façon plus générale, sur leur vision de la place de la Suisse dans le monde.

L’argument principal invoqué par les partisans du oui est de «faire partie du concert des Nations, puisque tout le monde y est». Pour d’autres, moins nombreux, «la Suisse est l’un des derniers pays hors ONU» et il convient d’être «solidaires au niveau international».

Dans le camp opposé, c’est la «perte de la neutralité» qui fait principalement problème. Alors que d’autres adversaires de l’adhésion sont d’avis que «la position de la Suisse est satisfaisante actuellement» ou pensent que «l’ONU est inutile voire ne sert à rien».

L’Institut MIS Trend fait cependant remarquer que plus de 67% personnes interrogées ignoraient qu’elles seraient appelées à voter le 3 mars prochain. Quant à la marge d’erreur, elle se situe à 3% pour le total et 4,5% pour les régions.

Sondages dans la continuité

Deux autres sondages sont prévus avant le 3 mars 2002. L’un à la mi-janvier. Et l’autre, fin février. Ils permettront, disent ses auteurs, de cerner de plus près l’évolution des opinions et de mesurer plus concrètement le véritable impact des thèmes de la campagne.

On peut déjà comparer les résultats de ce sondage avec celui de l’Institut GfS de Zurich, réalisé à mi-novembre à la demande du Département fédéral des affaires étrangères. On y apprenait que 50% des Suisses disaient vouloir voter oui, 33% non, et 17% ne se prononçaient pas.

Autrement dit, le oui à l’ONU aurait gagné sept points en une poignée de semaines. Mais on sait, par expérience, qu’il faut être prudent avec les sondages, cela d’autant plus qu’ils ne disent pas la vraie réalité des cantons.

Or la double majorité du peuple et des cantons est absolument nécessaire. En 1986, le précédent vote sur l’adhésion à l’ONU n’avait reçu l’aval d’aucun canton, sans exception. Et il n’est pas irréaliste d’imaginer – même si le cas s’est rarement présenté – qu’un scrutin obtienne la majorité populaire mais butte sur le refus des cantons.

Bernard Weissbrodt

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