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Les sans-papiers en appellent à la nation

Au mois d’août déjà les sans-papiers manifestaient à Berne Keystone

Six à sept mille personnes sont attendues samedi à Berne. Une manifestation nationale pour amener le Parlement à débattre du sort des clandestins.

Le Conseil des Etats traitera le 6 décembre l’interpellation de Michèle Berger (PRD/NE) intitulée «sans-papiers: rigueur et humanité». Cette amorce de discussion ne satisfait pas les collectifs de soutien qui revendiquent l’ouverture d’un débat national et la régularisation globale des sans-papiers.

Encore un tabou à Zurich

«La manifestation de samedi donnera un signe clair au Parlement», lance Sandra Modica, du collectif de soutien de Fribourg. Si les premiers travailleurs au noir sont sortis de l’ombre en Suisse romande, des églises sont aujourd’hui occupées à Bâle et à Berne. Des groupes sont actifs en ville de Zurich, à Thoune et à St-Gall.

Sandra Modica refuse l’a priori selon lequel un problème qui n’émerge pas à Zurich n’existe pas en Suisse alémanique, ni en Suisse. «Les sans-papiers ont simplement besoin de plus de courage pour quitter l’anonymat dans cette région où le travail au noir est encore un tabou puissant.»

De Fribourg à Bâle…

Leur démarche a fait des émules. Alors qu’ils étaient au début une centaine à Fribourg, entre 180 à 200 sans-papiers gravitent aujourd’hui autour du centre Fri-Art et du couvent des Soeurs D’Ingenbohl. Ils sont 63 à l’usine Novocristal, propriété de la ville de La Chaux-de-Fonds, 60 à l’église Saint-Antoine à Bâle et 180 à l’église Saint-Paul à Berne.

Entre douze et quinze sans-papiers vivent jour et nuit dans ces lieux, souvent tout simplement parce qu’ils n’ont plus de logement. Les occupations ne visent pas seulement à thématiser la situation des sans-papiers, ajoute Sandra Modica. C’est également le point de ralliement des travailleurs au noir éparpillés dans les campagnes.

Mardi dernier, un nouveau mouvement a vu le jour. Le Mouvement jurassien de soutien aux sans-papiers a été créé à Delémont. Il est appuyé par plusieurs personnalités, organisations et partis politiques de la région.

Dossiers en attente

A Fribourg, le conseiller d’Etat Claude Grandjean a transmis treize des 118 dossiers de demandes à l’Office fédéral des étrangers. Cela concerne 42 personnes sur 173 sans-papiers qui ont demandé leur régularisation. Dans le canton de Neuchâtel, le Conseil d’Etat qui a reçu 46 dossiers a commencé à transmettre les cas de rigueur et de détresse à Berne.

Mercredi, le Conseil fédéral a réaffirmé sa position très ferme. Pas question de parler de régularisation collective. Il l’a dit et redit. Mais cette fois-ci, le gouvernement a aussi rejeté toute une série de propositions émanant de parlementaires. Notamment l’idée d’une table-ronde sur la question.

Pour les sans-papiers, la manifestation de samedi a donc pris plus d’importance encore. Il s’agit avant tout de forcer la porte du Parlement et d’amener les Chambres fédérales à débattre enfin du sort des clandestins.

swissinfo avec les agences

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