Moritz Leuenberger met la pression sur les entreprises
Pour le Conseil fédéral, l'arrêt définitif des activités de Swissair aurait des conséquences désastreuses pour la Suisse. Mais il ne veut pas agir seul.
Mercredi à Berne, le ministre suisse des Transports a mis la pression sur les grandes entreprises du pays. Moritz Leuenberger veut qu’elles s’engagent clairement à ses côtés afin de sauvegarder une compagnie nationale.
Moritz Leuenberger a confirmé que la Confédération a un grand intérêt à maintenir un réseau de vols intercontinentaux. A condition que «le monde économique prenne la majorité du capital».
Partie de ping-pong
Par sa voix, le gouvernement suisse a ainsi renvoyé la balle dans le camp des entreprises, dans cette partie de ping-pong que se livrent les deux camps depuis quinze jours
La fin des vols longue distance serait en effet très néfaste pour le pays. Cette disparition mettrait en péril tout le groupe Swissair, même les unités actuellement en bonne santé financière.
Du coup, ce sont des milliers d’emplois qui pourraient passer à la trappe, principalement dans la région de Zurich. De plus, un know-how très précieux serait perdu.
Le Conseil fédéral est dès lors prêt à engager financièrement la Confédération pour mettre sur pied un réseau national de vols long-courriers. Même si ce réseau sera plus petit que celui de l’actuelle Swissair.
Pas seul
Le gouvernement n’entend cependant pas s’engager unilatéralement. «Nous n’en avons ni les moyens ni la volonté», a déclaré Moritz Leuenberger devant la presse.
L’aide des milieux économiques est donc indispensable. Des tractations dans ce sens sont actuellement en cours.
Le Conseil fédéral lie également son intervention au soutien des cantons. En particulier de ceux de Genève et de Zurich où sont situés les aéroports.
Un plan encore imprécis
Le ministre des Transports n’a en revanche pas été très prolixe quant aux détails. Aucun montant n’a été avancé. Pas plus de précisions d’ailleurs sur l’état d’avancement des tractations menées avec les milieux économiques.
L’aide de la Suisse à une compagnie d’aviation nationale pourrait faire grincer des dents du côté de l’Union européenne. Moritz Leuenberger en est conscient.
Mais là encore, le ministre des Transports ne donne pas de précisions, se contentant de souligner que «certains aspects doivent encore être étudiés».
Réponse lundi
Le suspense ne devrait plus durer très longtemps. A un journaliste lui demandant si le plan définitif pourrait être dévoilé ce week-end, Moritz Leuenberger a répondu, dans l’hilarité générale: «Revenez donc lundi».
Olivier Pauchard, Palais fédéral
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