Nouvelle action pour les immigrés d’El Ejido
Le Forum Civique Européen (FCE) constate que la situation des travailleurs agricoles immigrés d'El Ejido, en Espagne, n'a pas changé. Il lance donc une nouvelle action. Après Migros et Coop, il demande cette fois-ci au gouvernement espagnol d'intervenir.
Il y a un an, la population immigrée marocaine avait été victime de violences à caractère raciste à El Ejido, au sud de l’Espagne. Une année après, regrette le FCE, des milliers d’ouvriers vivent toujours dans «une précarité et une exploitation proche de l’esclavage».
En décembre, plus de 4 000 Suisses avaient écrit à Migros et Coop à la suite du rapport publié par le FCE. Ils demandaient aux deux grands distributeurs de renoncer aux légumes bons marchés produits «au mépris de la dignité humaine».
Les deux entreprises ont donné suite à ces revendications. Migros a envoyé une délégation sur place. «Nous avons fait pression sur nos producteurs et nous avons écrit à l’ambassade d’Espagne en Suisse», précise Johann Züblin, en charge du dossier.
Même démarche du côté de Coop. «Nous allons établir un code de conduite pour nos fournisseurs, explique Karl Weisskopf, porte-parole de Coop. Ensuite, nous souhaitons introduire un certificat qui sera attribué par une entreprise indépendante».
«Mais notre influence est limitée», ajoute le porte-parole. Coop et Migros disent absorber respectivement 0,15% et 1% de la production de la région. Il s’agit essentiellement de tomates, de poivrons et de courgettes.
Le Forum Civique Européen salue les efforts fournis par les deux géants suisses de la distribution. «Mais le fait est que rien n’a changé sur place», regrette Claude Braun, secrétaire du FCE.
D’où une nouvelle action. Ce lundi, une vingtaine de personnes, armées de tomates et de poivrons, se sont rassemblées devant l’ambassade d’Espagne, à Berne.
Le FCE appelle cette fois-ci les citoyens, suisses et européens, à écrire au président espagnol José Maria Aznar. Sans pour autant abandonner la correspondance à Migros et Coop. «Pour qu’ils n’oublient pas», ajoute Claude Braun.
«Nous n’avons pas l’intention d’abandonner ce dossier», répondent en cœur les deux distributeurs. Mais, pour l’instant, pas question de boycotter les producteurs d’El Ejido. D’ailleurs, le FCE ne le demande pas.
Migros et Coop promettent par contre d’accentuer la pression si aucune amélioration n’est constatée avant la fin de l’année. Le géant orange pourrait alors se tourner vers d’autres fournisseurs. En dernier recours, insiste Johann Züblin.
Alexandra Richard
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