Présence Suisse tente de surmonter la crise Swissair
Le crash de Swissair vient de faire une victime de taille. Avec la démission de Paul Reutlinger, ex-membre de sa direction et président de Présence Suisse.
Johannes Matyassy, directeur de Présence Suisse, l’a annoncé en primeur devant le Club suisse de la presse mercredi matin à Genève: Paul Reutlinger a décidé lui-même de démissionner, sans pressions extérieures.
«Vu les turbulences que Swissair vient de traverser, il a jugé opportun que son nom ne soit plus lier à Présence Suisse», a assuré Johannes Matyassy.
De son coté, le ministre suisse des Affaires étrangères Joseph Deiss a, tout de même, admis le même jour avoir discuté du sujet avec Paul Reutlinger.
Remplacé par Ruth Grossenbacher
Quoi qu’il en soit, Paul Reutlinger quittera l’agence chargée de défendre et de promouvoir l’image de la Suisse dans le monde à la fin de l’année. Il sera remplacé par l’ancienne conseillère nationale Ruth Grossenbacher qui préside actuellement les Journées cinématographiques de Soleure.
La démission de Paul Reutlinger n’est pas la seule conséquence du crash de Swissair pour Présence Suisse. Johannes Matyassy souligne également l’importance de la compagnie, de ses agences réparties aux quatre coins de la planète et de ses campagnes de marketing pour l’image de la Suisse.
«Nous allons voir si la nouvelle compagnie quitte des lieux importants et combler nous même ces lacunes», révèle le directeur de Présence Suisse.
Mais ça n’est pas tout. La compagnie aérienne a en effet retiré son soutien financier à plusieurs projets de l’agence. «Nous avons réussi à maintenir tous nos projets. C’était une manière de démontrer que la Suisse continue de fonctionner», précise Johannes Matyassy.
La voie solitaire choisie par la Suisse
Cette réalité a en effet été passablement brouillée par le maintien au sol début octobre de l’ensemble de la flotte de Swissair et l’abandon de ses passagers.
«C’est cela qui a le plus surpris le monde», rappelle Johannes Matyassy. Selon l’ambassadeur, nombre d’observateurs étrangers ont également estimé que cette crise soulignait une fois de plus l’impasse liée à la voie solitaire choisie par la Suisse.
Sans forcément partager ce point de vue, Johannes Matyassy ne peut que constater l’immense difficulté de la Suisse à faire entendre sa voix, vu son absence des principales organisations internationales.
D’où l’importance de Présence Suisse qui tente justement de pallier ce manque. L’agence tente même de flairer les futures crises qui menacent l’image de la Suisse, comme les relations qu’a entretenues ce pays avec l’ancien régime de l’apartheid. Un dossier dont Présence Suisse s’occupe activement.
Frédéric Burnand
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.