Quatre extrémistes condamnés pour racisme
Quatre dirigeants d’une formation suisse d’extrême droite ont été condamnés par un tribunal argovien à des amendes de 300 à 500 francs.
Le «Parti des Suisses d’orientation nationale» (PNOS, selon son sigle allemand) s’était récemment signalé à l’opinion par deux succès électoraux au niveau communal.
Reconnus coupables de discrimination raciale, les quatre membres de la direction du PNOS se voient infliger par le tribunal de district d’Aarau des amendes de 300 à 500 francs. Parmi les condamnés figure le président du parti Jonas Gysin.
Pendant la campagne nationale pour les élections législatives de 2003, le PNOS avait utilisé une affiche à peine modifiée du parti national-socialiste suisse de 1933. Sous le slogan «Nous nettoyons», on y voit une croix suisse repousser des communistes et des juifs.
Les quatre prévenus ont également été condamnés pour le contenu du «programme politique» du PNOS qui insulte les étrangers et demande leur expulsion de Suisse.
En août 2003, Heinz Kaiser, avait déposé plainte contre le PNOS, au nom de l’association «Citoyens du monde en Suisse». Cette ONG reconnue par les Nations Unies a des sections dans une cinquantaine de pays et milite pour la paix et la justice sociale et économique.
De nombreux antécédents
Le président du PNOS avait déjà été condamné en septembre 2003 à 30 jours de prison avec sursis pour voie de fait. En octobre 2004, le chef d’une section régionale bernoise du parti a été condamné à 20 jours de prison avec sursis pour rixe et émeute, notamment.
A Tavel, dans le canton de Fribourg, un membre du PNOS de 34 ans a été condamné à une amende de 500 francs. Il avait distribué des tracts dans lesquels il s’opposait à la création d’un centre pour requérants d’asile. A cette occasion, il a violé la norme pénale antiraciste.
Le fondateur du PNOS Sacha Kunz a lui aussi été condamné, en novembre 2003, par le Tribunal pénal de Bâle-Campagne à 16 mois de prison avec sursis pour lésions corporelles et voie de fait. Il a été impliqué dans six rixes entre octobre 1999 et juin 2002.
Coutumier de la chronique judiciaire, le parti a parfois également alimenté la chronique politique locale. En octobre 2004, Tobias Hirschi, membre du PNOS, a été élu au législatif de Langenthal, dans le canton de Berne. En avril 2005, «X»*, aussi membre du PNOS, a été élu à l’exécutif de Günsberg, dans le canton de Soleure.
(* Sur demande de la personne, swissinfo.ch a anonymisé l’article ultérieurement)
swissinfo et les agences
Selon le Rapport gouvernemental 2004 sur l’extrémisme, le PNOS compte de 100 à 130 membres
Une soixantaine d’entre eux appartient à la section des deux Bâle.
Le PNOS a été fondé en septembre 2000, après la manifestation d’une centaine de skinheads à la Fête nationale du 1er août sur la prairie du Grütli.
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