Un Alémanique à la présidence et un Romand à la vice-présidence
Kaspar Villiger a été élu par le Parlement par 183 voix sur 203 bulletins valables. Pascal Couchepin accède à la vice-présidence.
Le nouvel élu, qui avait déjà exercé cette charge en 1995, succèdera ainsi à Moritz Leuenberger le 1er janvier.
C’est la septième fois que la présidence échoit à un Lucernois. Radical et protestant, Kaspar Villiger, qui a 60 ans, est le plus ancien membre du Conseil fédéral. Elu en 1989, il a dirigé les affaires militaires avant de reprendre les finances des mains d’Otto Stich à fin 1995.
M.Villiger a obtenu 183 voix sur 203 bulletins valables, douze suffrages s’étant notamment portés sur Pascal Couchepin. Le Lucernois a reçu légèrement moins de voix que lors de sa première accession à la présidence de la Confédération, fin 1994 (186).
Carcan des finances
L’année prochaine, le radical protestant, qui a annoncé qu’il quitterait le Conseil fédéral avant 2004, pourrait profiter de la présidence pour se libérer un peu du carcan imposé par sa fonction de grand argentier. Depuis douze mois, il a été constamment au front.
Le ministre des Finances a essuyé une pluie de critiques contre la politique de lutte contre le blanchiment d’argent menée par son Département. Face aux pressions internationales, il n’a cessé de plaider le maintien du secret bancaire, même lorsque ce dernier a été soupçonné de favoriser le financement du terrorisme.
Puis Kaspar Villiger a dû voler au secours de Swissair. D’abord réticent à injecter de l’argent public dans une affaire strictement privée, il s’est résolu à délier les cordons de la bourse. Plus de deux milliards de francs ont été libérés pour assurer les vols jusqu’à fin mars et lancer la nouvelle Crossair.
Passage au DMF
Ingénieur de formation, marié et père de deux filles, Kaspar Villiger a été élu au Conseil fédéral le 1er février 1989, quatre jours avant son 48ème anniversaire. Alors conseiller aux Etats, il avait été appelé pour succéder à la Zurichoise Elisabeth Kopp qui, pour un coup de fil devenu célèbre à son mari, avait été contrainte d’abandonner la tête du Département fédéral de justice et police.
Capitaine à l’armée, le nouveau ministre s’est vu attribuer alors les affaires militaires. Après avoir dû faire face à l’affaire des organisations secrètes P 26 et P 27 et à la Commission d’enquête parlementaire sur le Département militaire, il a affronté en novembre 1989 l’initiative populaire pour une Suisse sans armée.
En juin 1993, le peuple l’a suivi une seconde fois en approuvant l’achat des avions de combat FA-18. Le ministre a répondu à ces attaques avec la réforme Armée 95 et en réorganisant son Département. Son successeur Adolf Ogi, qui a aussi hérité de l’affaire Nyffenegger, a toutefois dû remettre l’ouvrage sur le métier avec Armée XXI.
Valaisan vice-président
Un autre radical, Valaisan cette fois, sera vice-président du Conseil fédéral. Pascal Couchepin, 59 ans, accède pour la première fois à cette fonction. Il dirige le Département fédéral de l’économie depuis son élection au gouvernement en 1998.
M.Couchepin a obtenu un résultat relativement faible, avec 144 voix sur 178 bulletins valables, quinze suffrages étant notamment allés à Samuel Schmid. C’est moins bien que Kaspar Villiger l’an dernier (177 voix) et que Moritz Leuenberger en 1999 (145).
swissinfo avec les agences
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