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Une ministre tenace, mais souvent isolée

Ruth Dreifuss (à gauche) et Christiane Brunner lors de l'élection mouvementée de la première. Keystone Archive

Après l'annonce de la démission de Ruth Dreifuss, les partis politiques saluent l'engagement et la ténacité de la conseillère fédérale.

La droite, mais également une partie de la gauche, contestent néanmoins son bilan politique.

Pour Christiane Brunner, l’annonce du départ de Ruth Dreifuss constitue «un grand moment d’émotion». Après presque dix ans de collaboration, c’est aussi la fin d’une époque, estime la présidente du Parti socialiste suisse.

Selon son amie de longue date, Ruth Dreifuss aura été au gouvernement «la politicienne de gauche dont le système politique a besoin».

Pour les Femmes socialistes suisses, Ruth Dreifuss a su empêcher le démantèlement de l’Etat social. Son siège, acquis de haute lutte, doit rester occupé par une femme de gauche, réclament d’une même voix les Femmes socialistes et Alliance F, l’Alliance des sociétés féminines suisses.

Syndicats élogieux

La Confédération des syndicats chrétiens de Suisse (CSC) déplore le départ d’une conseillère fédérale «sur laquelle les travailleurs et travailleuses pouvaient toujours compter».

Pour la CSC, prétendre que la Loi sur l’assurance maladie (LaMal), voulue par Ruth Dreifuss, est la cause de l’explosion des primes des caisses maladie est une position «intenable».

De son côté, l’Union syndicale suisse (USS) salue «une féministe déterminée, doublée d’une syndicaliste ouverte au monde».

La centrale syndicale rappelle que Ruth Dreifuss a défendu les assurances sociales avec ténacité et pragmatisme, et souligne que la voie qu’elle avait préconisée initialement pour l’assurance maternité commence à apparaître comme la bonne.

Minorisée

Les Jeunesses socialistes suisses remercient Ruth Dreifuss «pour son engagement en faveur de la justice sociale et de l’ouverture de la Suisse sur le monde».

Elles regrettent toutefois qu’en matière de sécurité sociale, la ministre de l’Intérieur ait appliqué une politique dont le ton a été donné par la majorité bourgeoise.

Le Parti suisse du travail, quant à lui, va jusqu’à remettre en cause la participation du Parti socialiste au Conseil fédéral. Selon lui, «elle étouffe une légitime opposition populaire, la décourage et la jette même dans les bras de l’extrême droite».

Echecs de la sécurité sociale

Les radicaux reconnaissent à Mme Dreifuss une bonne connaissance de ses dossiers et une certaine habileté tactique. Le Parti radical «s’est opposé à sa volonté de développer l’Etat social, mais cela n’a pas empêché le respect, et une certaine loyauté mutuelle».

«Ruth Dreifuss est une politicienne tenace», reconnaît pour sa part le président du Parti démocrate-chrétien, Philipp Stähelin. Politiquement, la ministre de l’Intérieur s’est parfois «obstinée», en particulier avec la LaMal, estime M. Stähelin.

«Mme Dreifuss est une forte personnalité, elle s’est battue avec opiniâtreté sur ses dossiers, mais malheureusement toujours dans la mauvaise direction», renchérit le président de l’UDC, Ueli Maurer.

Et d’ajouter: «si ses convictions étaient différentes, j’aurais bien aimé l’avoir dans mes rangs».

«No comment»

Du côté d’Economiesuisse, on prend note du départ de Mme Dreifuss mais on ne livre aucun commentaire. L’organe faîtier de l’économie suisse se réjouit en revanche que le radical Kaspar Villiger reste au gouvernement.

Santésuisse enfin, aurait aimé être davantage soutenue par la conseillère fédérale dans la réalisation des réformes concernant par exemple la levée de l’obligation de contracter.

L’organisation faîtière des caisses maladie espère que Ruth Dreifuss sera remplacée par une personnalité énergique, «capable de conduire les réformes malgré une forte opposition».

swissinfo avec les agences

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