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La vague verte en Suisse vue par les voisins

La peur de l’Europe brandie par l’UDC n’a pas fonctionné cette fois, estiment plusieurs journaux étrangers. A l’image, Albert Rösti, président de l’UDC au soir de la défaite de sa formation conservatrice. Keystone / Peter Klaunzer

Historique pour la Suisse, la forte poussée des partis écologistes aux élections législatives est également un événement pour la presse des pays voisins.

Ce contenu a été publié le 21 octobre 2019 - 14:51

Les journaux français se sont relativement peu intéressés aux enjeux des élections en Suisse. Plusieurs médias avaient tout de même traité en amont de la poussée verte annoncée.

D'une manière générale, expliquait à la radio-télévision publique suisse RTS un correspondant français traitant l'actualité suisse, ce sont les grands sujets de société qui font que la Suisse est évoquée dans les médias français. Comme si notre pays était un miroir grossissant, un laboratoire de ce qui peut arriver en France à l'avenir.

Pour Le Monde, le résultat de dimanche est «un tremblement de terre à l’échelle de la Suisse, connue pour la stabilité de son paysage politique».

«Ce vote est en adéquation avec les préoccupations majeures des Suisses concernant le climat», note le politologue Pascal Sciarini, interrogé par le quotidien français. Il rappelle que «dans ce pays alpin durement touché par le dérèglement climatique, la jeunesse s’était activement mobilisée lors des manifestations à l’appel de la militante suédoise Greta Thunberg. Cette inquiétude semble s’être transposée dans les urnes».

Le Figaro relate les élections avec l’agence de presse Reuters, qui commence par signaler que «la droite populiste, connue pour son discours anti-immigration et anti-européen, reste tout de même la première force politique du pays».

Et de rappeler aux lecteurs français que l’UDC, «dont les affiches aux relents xénophobes font régulièrement polémique, est sortie affaiblie du scrutin […] dans un pays où la force des partis évolue lentement, et où même une perte de 2-3% est un échec».

Plus proche de la Suisse que les quotidiens parisiens, Le Dauphiné titre quant à lui sur l’excellent score des Verts dans le canton voisin du bout du Lac Léman: «Historique: les Verts, première force politique à Genève!»

Italie

Le Corriere della Sera estime qu’avec cette vague verte, la Suisse «s’inscrit dans le courant politique général» qui a déja touché d’autres pays (comme l’Allemagne et l’Autriche), qui ont vu récemment les écologistes gagner du terrain.


La Stampa parle d’«effet Greta Thunberg», en soulignant le premier siège écologiste gagné dans le canton italophone du Tessin, siège remporté par une certaine Greta (Gysin), «un prénom de gagnante».

Allemagne

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Selon le Spiegel Online, le résultat des élections «n’aura guère d’effet, car la Suisse est gouvernée depuis 60 ans quasiment par les quatre même grands partis». Selon le site du magazine allemand, «la force d’un parti n’amène généralement un changement au gouvernement qu’après deux élections consécutives avec une forte augmentation des voix».

La Süddeutsche Zeitung écrit que «les peurs agitées par l’UDC de voir la Suisse prise en mains par l’UE n’ont pas motivé les électeurs». D’autre part, le parti conservateur, qui a «réagi à la mobilisation pour le climat par la haine de Greta, voire en niant le problème en paie maintenant la facture».


Die Zeit met quant à elle l’accent sur l’avancée des femmes: «enfin». Il reste toutefois beaucoup à faire, estime le journal, dans une Suisse «qui ne prend toujours pas vraiment au sérieux la moitié de sa population et qui se montre honteusement rétrograde en matière d’égalité».

États-Unis

Même le New York Times se fend d’un petit article sur le «tsunami vert» qui vient de s’abattre sur la Suisse. Le quotidien américain est allé chercher un fromager à Seelisberg, «village alpin de carte postale», qui explique que «l’UDC n’est plus dans l’air du temps, tant du point de vue économique que du point de vue écologique. Car nous, les producteurs, profitons de l’accès au marché européen, et on ne peut pas tous se réfugier à la montagne».



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