Leçons de démocratie
Chère lectrice, cher lecteur,
Le dimanche, Berne est une ville très calme. Les quelques centaines de personnes qui se sont rendues aux urnes ont donc d’autant plus attiré l’attention. Il s’agissait de la diaspora hongroise en Suisse, qui participait à un scrutin important.
Il est rare que les élections d’un petit État suscitent autant d’attention au niveau international. Cela tient avant tout au caractère pionnier de la «démocratie illibérale» que Viktor Orbán a mise en place au cours des seize dernières années et qui a servi de modèle aux populistes de droite d’ailleurs. Ce modèle comportait même certains instruments de la démocratie directe, détournés au profit de l’ex-Premier ministre hongrois, comme l’expliquait récemment mon collègue Domhnall O’Sullivan.
Plus rare encore est le fait que Moscou comme Washington soient déçus par l’issue d’un scrutin. La Hongrie était depuis longtemps considérée comme le cheval de Troie de la Russie au sein de l’Union européenne. Et le gouvernement américain a activement soutenu la campagne de Viktor Orbán, dont le système était perçu comme un modèle. C’est aussi pourquoi les analystes interprètent la défaite de Viktor Orbán comme un revers pour les populistes de droite et les régimes autoritaires du monde entier.
Il semble également certain que l’UE sorte renforcée de cette élection. Car jusqu’à présent, la Hongrie bloquait de manière systématique certaines décisions au sein de l’Union, notamment en ce qui concerne l’Ukraine et la Russie.
Mais sur le plan symbolique, un autre élément est tout aussi important.
Le système Orbán a certes montré comment démanteler la démocratie avec ses propres instruments. Et comment une telle approche peut servir de modèle à des alliés idéologiques à travers le monde.
Mais l’issue des élections hongroises montre qu’un changement de cap politique peut intervenir même dans une démocratie fragilisée. C’est une leçon importante, d’autant plus que ces dernières années ont été marquées par une érosion des systèmes démocratiques.
L’image de la diaspora votant à Berne m’a également paru fortement chargée de symbolisme: en votant depuis l’étranger, les citoyennes et citoyens hongrois ont participé à distance. Cet attachement au processus démocratique ne devrait jamais être considéré comme allant de soi.
Qu’en est-il dans votre pays? Comme toujours, vous pouvez m’écrire directement à l’adresse giannis.mavris@swissinfo.ch
Meilleures salutations,
Giannis Mavris
P.-S.: Si vous trouvez cette newsletter utile, n’hésitez pas à la transmettre à des personnes intéressées – vous pouvez vous y abonner ici.
Nos derniers articles sur la géopolitique
Plus
La nouvelle stratégie de sécurité de la Suisse construit des bunkers plutôt que des ponts
Plus
Ce que la perturbation du détroit d’Ormuz implique pour la Suisse et le monde
Plus
Au Népal, vingt ans d’une paix construite main dans la main avec la démocratie
Plus
Jean-Paul Chagnollaud: «Cette guerre n’a servi à rien et a renforcé l’Iran»
Plus
De la cigarette électronique aux sièges pour enfants: comment la Suisse est devenue championne des brevets
Accédez ici à notre page consacrée à la géopolitique.
Traduit de l’allemand à l’aide d’un outil d’IA/dbu
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.