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Quatre Bernois lancent un pavé dans la mare socialiste

Henri Huber (à gauche) et Tobias Kaestli, deux des quatre auteurs du manifeste.

(Keystone)

Quatre socialistes bernois ont présenté jeudi leur «manifeste du Gurten». En dix points, ils y exposent des réflexions susceptibles de rendre leur parti plus proche de l'électorat.

Le document a été élaboré par Henri Huber, maire de Köniz, Tobias Kaestli, historien, Wolf Linder, politologue et Simonetta Sommaruga, conseillère nationale.

«Contrairement aux travaillistes britanniques ou aux sociaux-démocrates allemands, le Parti socialiste suisse stagne. Il rassemble 20% de l'électorat alors qu'une part bien plus importante des citoyens a de la sympathie pour les grands thèmes défendus par les socialistes, comme la justice sociale, l'écologie ou le féminisme», explique Henri Huber.

Pour les auteurs du manifeste, ce score modeste provient du fait que le parti a perdu son électorat de vue, un électorat d'ailleurs devenu très hétérogène. Il a trop tendance à défendre les vues de ses représentants et de ses théoriciens.

Le PS fait également trop cause commune avec les lobbies qui lui sont proches, comme les syndicats et les organisations de protection de l'environnement. Du coup, le parti soutient parfois des campagnes perdues d'avance.

Les quatre Bernois dénoncent également le trop grand dogmatisme du parti. La défense à tous prix du service public ou encore la condamnation sans nuance de la mondialisation ne sont pas toujours en phase avec la réalité de la société.

Les auteurs du manifeste expriment aussi des critiques en matière de politique sociale, thème pourtant cher au cœur des socialistes. Ils dénoncent les excès de l'Etat social et la déresponsabilisation de l'individu.

Cette politique a pour effet que la classe moyenne se sent «laissée pour compte». Des personnes qui ont travaillé dur pour obtenir une bonne situation et qui payent leurs impôts avec difficulté nourrissent parfois un certain ressentiment envers ceux qui reçoivent beaucoup d'aide de l'Etat sans vraiment fournir de contrepartie.

Avec leur manifeste, les quatre Bernois entendent donc lancer un vaste débat interne susceptible de renouveler la politique du parti. Ils se défendent en revanche de toute considération de personnes.

Le «manifeste du Gurten» n'est ainsi pas destiné à soutenir la politique du conseiller fédéral Moritz Leuenberger, parfois considéré comme pas assez à gauche par ses camarades. A l'inverse, il ne s'agit pas non plus d'une attaque contre les socialistes romands, plus prompts à défendre avec âpreté le service public ou l'Etat providence.

Invitée lors de la présentation du manifeste, Christiane Brunner, a salué ce document qui «stimule sa réflexion» et qui lui apparaît comme «une contribution à cette nouvelle dynamique du débat qui anime le parti».

Pour la présidente du Parti socialiste suisse, le manifeste soulève des questions dont il faudra discuter très sérieusement. Toutefois, elle conteste d'ores et déjà certains points. En matière de politique sociale plus particulièrement, les thèses défendues par les quatre Bernois se rapprochent un peu trop de celles de la droite.

Olivier Pauchard


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