Réquisitions sévères contre les accusés de la mine de Soma
(Keystone-ATS) Un procureur turc a réclamé mercredi que les dirigeants de l’entreprise qui exploitait la mine de Soma passent le reste de leur vie en prison. La catastrophe avait coûté la vie à 301 ouvriers et fait 162 blessés il y a un an.
Devant les centaines de proches des victimes massés dans le petit tribunal d’Akhisar (ouest), le magistrat a requis contre le PDG de la société Soma Kömür, Can Gürkan, et sept de ses cadres des peines de 25 ans de réclusion pour chacun des 301 morts, et de trois ans pour chacun des 162 blessés.
La justice turque reproche à la direction de Soma Kömür d’avoir délibérément négligé la sécurité des mineurs et de leur avoir imposé des conditions de travail indignes, au nom de la rentabilité et de ses profits. Pendant le reste de la journée, un greffier a lu les dépositions des huit accusés recueillies pendant l’enquête, dans lesquelles ils récusent les charges qui pèsent contre eux.
«Je ne suis qu’un dirigeant et, comme je n’ai aucune expertise technique, je ne peux être tenu pour responsable de ce qui s’est passé», a affirmé le patron lors d’un interrogatoire. «Je n’ai pas la moindre idée des causes de l’accident», a ajouté M. Gürkan, évoquant un «sabotage». La lecture de sa déclaration a provoqué les huées du public.
Interrogatoire jeudi
Le PDG de Soma Kömür devrait être interrogé à partir de jeudi après-midi par le juge. En détention provisoire à Izmir, M. Gürkan et ses sept cadres sont apparus mercredi pour la première fois sous bonne escorte dans la salle d’audience, où ils ont été pris à partie par les familles des victimes. «Qu’Allah brûle ces pécheurs en enfer et pour l’éternité», leur a lancé une veuve.
Pour des raisons de sécurité, ces accusés devaient être interrogés depuis leur prison par vidéo-conférence. Confronté à la colère des proches, le juge a finalement décidé de les faire comparaître devant son tribunal.
Trente-sept autres personnes, techniciens de la mine ou agents subalternes du ministère de l’Énergie chargés de la contrôler ont poursuivis pour homicides involontaires.