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Décision juridique ou décision politique?

Si les chercheurs de l'EPFZ se disent soulagés du verdict de Moritz Leuenberger, les écologistes de Greenpeace n'hésitent pas à crier au scandale.

Dans un débat aussi passionné que celui sur le génie génétique, aucune décision n’est jamais innocente.

«C’est une décision juridique et non politique», clame vendredi le ministre de l’environnement. Pourtant, Moritz Leuenberger admet que le choix d’autoriser ou non les essais prévus par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich «aura une dimension politique».

Et c’est bien dans ce sens que semble l’entendre Christoph Sautter. «Nous savons maintenant ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Et ceci est très important pour planifier nos expériences futures», déclare ce chercheur engagé dans le projet zurichois.

«Le lobby de la transgène»

Dans le camp adverse, on semble également considérer la probable autorisation que devrait délivrer l’Office fédéral de l’environnement (OFEFP) comme un fait acquis.

«Le conseiller fédéral Leuenberger semble avoir fini par céder au lobby de la transgène et accepté de négliger la protection de la santé publique et de l’environnement», écrit vendredi Greenpeace Suisse.

L’organisation écologiste se dit «scandalisée» et annonce son intention de s’opposer «par tous les moyens» à ces essais de blé transgénique en plein air.

Plus nuancé, le WWF Suisse se contente de prendre acte, et appelle le Parlement «à prendre désormais ses responsabilités».

Climat tendu

Car même si l’EPFZ obtient son autorisation, tout pourrait changer avec l’entrée en vigueur de la future GenLex. La version actuelle du projet se montre en effet plus restrictive que la législation en vigueur aujourd’hui.

Et dans ce domaine, le débat est plutôt vif. On l’a vu encore l’automne dernier, lorsque l’OFEFP signifiait à l’EPFZ son premier refus, contre l’avis de la Commission fédérale d’experts pour la sécurité biologique (CFSB).

Philippe Roch, directeur de l’Office, se retrouvait alors sous le feu nourri de la critique et cinq des seize membres de la CFSB démissionnaient en signe de protestation.

Dans un climat pareil, lorsque le ministre de l’environnement demande à ses gens d’appliquer la loi actuelle sans anticiper sur une législation future qui s’annonce plus dure, il est difficile de ne pas y voir un signal politique.

swissinfo/Marc-André Miserez

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